Comment mieux les encadrer?: Des enfants «de 10 ou 11 ans» arrivent seuls au Luxembourg

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Comment mieux les encadrer?Des enfants «de 10 ou 11 ans» arrivent seuls au Luxembourg

LUXEMBOURG – Durant les six premiers mois de l’année, 150 mineurs non accompagnés sont arrivés dans le pays, trois fois plus qu’en 2021. Caritas sonne l’alerte.

par
Nicolas Chauty

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Ils sont de plus en plus nombreux et de plus en plus jeunes. Durant les six premiers mois de l’année 2022, environ 150 mineurs isolés seraient arrivés au Luxembourg en provenance de Syrie, d’Afghanistan, d’Érythrée… selon Caritas. Ils auraient en moyenne seize ans mais «certains ont dix ou onze ans» et c’est plutôt nouveau. En 2021, 56 jeunes avaient demandé au Grand-Duché la protection internationale. Si l’on remonte plus loin, depuis 2004, Caritas Luxembourg prenait en charge «en moyenne 15 à 20 mineurs non accompagnés par an». Des chiffres qui reflètent le drame humain et qui mettent le Luxembourg face à son organisation en la matière.

«Nous sommes réactifs pour créer des structures d’accueil d’urgence provisoires, mais elles ne sont pas adaptées aux enfants seuls», constate Marc Crochet, directeur général de Caritas, qui vient d’ouvrir justement un nouveau foyer pour mineurs non accompagnés à Liefrange, dans le nord du pays. Une ouverture «en urgence pour répondre» aux dernières arrivées importantes.

Ne pas les traiter comme des adultes

Ce nouveau foyer abrite douze mineurs isolés depuis le 15 novembre. Bientôt il en comptera 24 puis 36, avec toute la logistique que cela impose. Caritas a aussi augmenté de 12 à 18 places sa capacité d’accueil de la Maison Saint-Hubert, ouverte depuis avril 2020 à Munshausen. «Il est impératif que ces enfants ne soient pas mélangés à des adultes et traités comme des adultes», poursuit Caritas qui demande même à ce qu’ils soient traités «comme mineurs jusqu’à preuve du contraire» en cas de doute.

Caritas a d’ailleurs fait part, mardi, de plusieurs revendications pour améliorer la prise en charge de ces mineurs isolés. Au-delà d’un besoin supplémentaire de structures dédiées, il faut les encadrer systématiquement par l’office national de l’enfance et leur permettre d’être accompagnés par un administrateur public, dès la première rencontre avec la direction de l’immigration. Ces jeunes qui arrivent depuis quelques mois le font par leurs propres moyens, leur offrir un encadrement spécifique et clair est primordial, insiste Caritas, qui estime qu’il permettrait peut-être aussi de mieux lutter contre les réseaux qui pousseraient ces enfants à quitter leur pays.

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