Pauvreté au Luxembourg – Des fins de mois souvent difficiles à boucler
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Pauvreté au LuxembourgDes fins de mois souvent difficiles à boucler

LUXEMBOURG - Comme pour Lylianna, avoir un travail ne protège pas toujours de la pauvreté.

Le secteur manuel est très touché par le risque de pauvreté, avec 20% de travailleurs sous le seuil.

Le secteur manuel est très touché par le risque de pauvreté, avec 20% de travailleurs sous le seuil.

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«Quand je n'ai plus d'argent pour terminer le mois, j'envoie mon fils vivre chez mes parents», explique Lylianna*, 28 ans. La jeune femme est une travailleuse pauvre. Au Luxembourg - selon les valeurs en cours en 2010 - un travailleur est pauvre en dessous d'un revenu mensuel net de 1 617 euros. Pour un parent avec un enfant à charge, c'est 2 102 euros. Or, le revenu de Lylianna s'élève à 1 500, soit son salaire. Elle n'a demandé aucune aide des autorités et le père de son enfant ne paie pas la pension alimentaire qui est pourtant due.

Alors, elle s'en sort comme elle peut. Quand il n'y a plus d'argent pour les factures, elle attend le salaire suivant. Quand les vivres manquent, elle fait les courses dans le frigo de ses parents. Et si la chaudière tombe en panne? «J'espère que cela n'arrivera pas», dit la jeune femme.

Au Grand-Duché, en 2010, 10,6% des travailleurs étaient sous la barre du risque de pauvreté. «Les chiffres devraient être sensiblement les mêmes pour 2011», dit Paul Zahlen, du Statec. La proportion est élevée car le calcul est en relation avec les plus hauts salaires. Et au Luxembourg, ceux-ci sont conséquents.

Il n'empêche, à l'Office social de la ville de Luxembourg, même s'ils ne forment pas le gros du bataillon, on voit passer des travailleurs pauvres. Un cas classique «est un parent qui se retrouve, suite à une rupture, seul à payer un loyer de 1 000 euros avec un salaire de 1 500», illustre Sabine Meyer, assistante sociale.

Séverine Goffin

* Le prénom a été changé.

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