Kyan Khojandi – «Dès janvier on écrit un film de "Bref"»

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Kyan Khojandi«Dès janvier on écrit un film de "Bref"»

L’équipe de la série française prend d’assaut le gala de clôture du Montreux Comedy festival ce lundi soir. Rencontre avec Kyan Khojandi.

Qu’avez-vous fait depuis l’arrêt de «Bref», en juillet? b>

Kyan Khojandi: J’ai beaucoup dormi. J’en avais besoin. Non, nous avons sorti un DVD intégral avec 6h de bonus complètement inédits. On voulait faire un objet marrant, beau et stylé. Et on a aussi fait un objet sur «Bref» qui ressemble à un livre. Il y a des jeux, des blagues, des story-boards, etc. On s’est vraiment marrés à le faire.

«Bref» a occupé beaucoup de place dans votre vie. Est-ce que ça vous manque?

Non pas tant que ça. Parce que j’ai toujours écrit. Mais aussi parce que je suis encore dedans. On a fait le DVD, on est en tournée pour la promo du DVD donc j’ai encore un lien avec «Bref». Et de toute façon toute ma vie j’aurai un lien avec «Bref». Donc pour l’instant non.

Avec le recul vous ne regrettez pas d’avoir arrêté si tôt?

Non, pas du tout. Quand on a fait «Bref» on avait un vrai challenge: à chaque épisode on voulait raconter des histoires et surprendre en faisant par exemple un épisode sur un texto ou sur un spermatozoïde. Mais cette envie de surprendre arrivait à terme après 82 épisodes. Alors on s’est dit: «Viens on raconte une histoire mais en plus long.» On va donc essayer de faire un film. On va commencer à l’écrire dès janvier. Mais on le réalisera seulement si c’est un bon film. Si ce n’est pas le cas, on laissera tomber.

Comment passer d’une série faite de courts épisodes au rythme soutenu à un long métrage?

Moi-même je ne sais pas. Et je serais curieux de voir si j’y arrive dans huit mois. J’aimerais bien me voir dans le futur.

Vous pensez inviter les acteurs de la série?

J’aimerais bien vous le dire mais je ne sais pas du tout. Si j’avais la réponse à cette question c’est que j’aurais une machine à voyager dans le temps et alors je jouerais au loto.

On vous a vu au spectacle de Florence Foresti, au concert d’Orelsan à Paris: vous êtes devenu incontournable…

Je suis super touché. À chaque fois que j’apparais j’essaye de faire quelque chose que je n’avais jamais fait. Pour Orelsan je l’accompagne à l’alto et pour Florence Foresti je bouge mon petit cul enfin je la parodie quand elle danse. J’ai de la chance, ma vie c’est une sacrée récréation quand même! C’est cool!

Ce sont des gens que vous connaissiez avant le succès de la série?

Orelsan je le connaissais depuis son premier album. Florence était venue sur le tournage de «Bref». Elle avait dit oui tout de suite. Tout le monde était impressionné et gêné. Mais en fait elle est super naturelle, super détente. Elle est chan-mé cette meuf! Elle est super!

Le succès de «Bref» vous a-t-il amené à côtoyer le gratin français?

Ce n’est pas un but. Mais si cela m’a ouvert les portes pour pouvoir travailler avec des gens de talent, connus ou pas, j’en suis très heureux.

Quelles sont les différences entre vous dans la série et sur scène?

Je suis plus animé sur scène. J’adore ça, ça me fait du bien. Depuis quelques mois je refais les premières parties de Kheiron. Mais pour l’instant, je n’ai pas encore de vrai spectacle, je ne suis pas prêt, je ne fais que m’amuser.

On connaît bien votre personnage de «Bref» mais peu son interprète. Comment est Kyan Khojandi dans la vie de tous les jours?

Je ne sais pas. Un mec assez quotidien. J’aime mon métier, j’aime travailler. Je ne suis pas du genre à me dire «Ouais je suis le mec de «Bref», ce n’est pas du tout mon délire. Je fais toujours en sorte de ramener un nouveau défi. Sinon je suis en slip chez moi et je regarde des vidéos sur Internet… légales évidemment. Pour résumer je suis un peu un mec freestyle.

Mais votre personnage dans la série était inspiré par votre vécu?

Oui, à 50%. On a écrit «Bref» à deux et c’est un peu de chacun de nous. Sauf qu’on n’a pas couché avec des flics…

Justement la vie sentimentale du personnage occupe une place importante dans la série. Qu’en est-il de la votre?

(rires) Est-ce que comme dans la «Boîte à questions» il y a un buzzer? Ça va bien, je suis très heureux.

Vous n’êtes pas trop assailli par les groupies?

Non. Les gens sont hyper adorables.

Vous venez de sortir des préservatifs. Ils sont faits pour des rapports brefs?

(rires) Très marrant… Les capotes 3 000 sont dans la série. Et il y a un an, pour la journée de lutte contre le sida, on les avait sorties pour inciter les jeunes à se protéger parce que c’est important. Je me dis qu’en mettant des blagues sur les préservatifs, cela peut permettre de déculpabiliser l’acte de sortir un préservatif, que l’on ait 14, 16 ou 25 ans. Il y a toujours une gêne. Tandis qu’avec les préservatifs «Bref» on peut les sortir en étant fier et dire: «T’as vu ce que j’ai?» En plus si vous n’avez pas d’argent, vous pouvez les avoir gratuitement sur le site du sidaction. Je trouve ça super important.

Le succès n’a rien changé dans vos rapports avec les autres acteurs de «Bref»?

On ne s’est pas quittés donc non. Peut-être que si j’étais parti aux États-Unis et que j’avais cartonné là-bas cela aurait été autrement. Je serais peut-être revenu avec une Lamorghini et j’aurais demandé à Bruno (NDLR: coauteur et réalisateur de la série) de me la garer. Non on s’est toujours bien entendus, avant et pendant «Bref». En plus on n’avait pas l’impression de bosser et les gens aimaient ce qu’on faisait. Ça c’est cool. Personne ne se force et le résultat est bien accueilli.

Et dans votre vie, qu’est-ce que le succès à changé?

J’ai 20% dans tous les magasins (rires). Non, rien n’a changé. Je suis content. J’ai l’impression que maintenant quand j’ai une idée, on est un peu plus attentif. J’écris des histoires, je les raconte, je suis devenu le gamin que j’ai toujours rêvé d’être et j’en suis très heureux.
Non. Les gens sont hyper adorables.

Propos recueillis par Fabrice Aubert

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