Emploi des jeunes – Des jeunes «traumatisés» par la crise
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Emploi des jeunesDes jeunes «traumatisés» par la crise

L'OIT (Organisation internationale du travail) a lancé une sévère mise en garde mercredi contre «le traumatisme» de toute une génération de jeunes, confrontés à un chômage élevé et à du travail précaire.

Les jeunes ont du mal à se projeter dans un avenir moins dur. (AFP)

Les jeunes ont du mal à se projeter dans un avenir moins dur. (AFP)

L'OIT dénonce la multiplication du nombre des travailleurs pauvres dans les pays en développement et stigmatise «l'infortune de la génération qui arrive sur le marché du travail en cette période de grande récession». Outre le chômage et la précarité, les jeunes peuvent aussi être contraints d'accepter des rémunérations moins élevées. Le rapport note que «cette frustration collective chez les jeunes a été l'un des moteurs des mouvements de protestation à travers le monde cette année, car il devient de plus en plus difficile pour les jeunes de trouver autre chose qu'un travail à temps partiel ou un emploi temporaire».

Selon le rapport, le nombre absolu de jeunes chômeurs a légèrement diminué à 75,1 millions à la fin 2010, contre 75,8 millions fin 2009. Ce nombre correspond à un taux de chômage de 12,7%. Selon l'OIT, ce taux devrait baisser en 2011 pour atteindre 12,6% (74,6 millions de chômeurs).

Explosion du temps partiel au Luxembourg

Au Luxembourg, le taux de chômage des jeunes a certes baissé entre 2007 et 2010 (de 15,2 à 14,2%) mais le chômage de longue durée a augmenté, de 3,5 à 3,7% et le taux d’emploi à mi-temps a littéralement explosé, passant de 3,9 à 4,4%.

Le rapport relève cependant que la diminution du nombre de jeunes chômeurs s'explique aussi par le fait qu'ils se retirent du marché du travail, et renoncent à chercher un emploi. La situation est particulièrement dramatique en Irlande, avec un taux de chômage déclaré des jeunes de 27,5%. Le taux réel est en fait de 46,8%, si l'on inclut les jeunes qui se réfugient dans les études faute de mieux, ou qui attendent chez leurs parents que la situation économique s'améliore.

Selon Jose Manuel Sakazar-Xirinachs, directeur exécutif du secteur de l'emploi de l'OIT, «ces nouvelles statistiques reflètent la frustration et la colère que ressentent des millions de jeunes dans le monde». Entre 2008 et 2009, le chômage des jeunes dans le monde a explosé, avec 4,5 millions supplémentaires de jeunes chômeurs. Durant la période d'avant-crise (1997-2007), la hausse moyenne par an était de 100 000 nouveaux jeunes chômeurs. Le nombre de jeunes travaillant à temps partiel, faute de mieux, a aussi beaucoup augmenté, notamment en Irlande et en Espagne. À la fin 2010, tout jeune ayant du travail occupait un emploi à temps partiel au Canada, au Danemark, aux Pays-Bas et en Norvège.

(L'essentiel Online/AFP)

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