Construction au Luxembourg – Des matériaux plus chers, pas pour les contrats signés
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Construction au LuxembourgDes matériaux plus chers, pas pour les contrats signés

LUXEMBOURG - La pénurie actuelle de matériaux entraîne une hausse des coûts de construction. Mais cette hausse ne permet en principe pas de revoir le prix du contrat.

Le consommateur est a priori protégé contre la hausse des coûts.

Le consommateur est a priori protégé contre la hausse des coûts.

«Des secteurs sont affectés par les pénuries, soit parce qu’il n’y a plus de matériaux, soit parce que les prix sont tellement élevés qu’il est compliqué ou impossible de produire», explique Michèle Detaille, présidente de la Fedil, la fédération des industriels luxembourgeois. Elle précise que le problème est «en partie conjoncturel, car la pandémie n’est pas terminée partout et des pays hors-UE ne produisent plus, car les gens sont encore malades ou en quarantaine».

«Certains matériaux ont connu des hausses importantes de prix, comme le bois (environ 30%), l’acier (de 30 à 35%), ou encore les isolants thermiques pour la construction», précise Navid Poushanchi, juriste à l’Union luxembourgeoise des consommateurs (ULC). Si les marchés publics contiennent généralement des clauses qui permettent de mettre à charge de l’État les augmentations de prix dues à des circonstances extraordinaires, ce n’est pas le cas pour les contrats de vente en état futur d’achèvement (VEFA), conclus avec les particuliers. Une augmentation des prix des matériaux ne permet en principe pas de revoir le prix du contrat.

Un arrangement à l'amiable conseillé

Ces contrats peuvent toutefois mentionner que le prix est révisable, à condition de préciser les modalités. Les actes notariés prévoient surtout des clauses de «cas de force majeure, cas fortuit ou cause de suspension légitime» en cas de retard de chantier, précise le juriste. Pour les autres types de contrats portant sur des travaux de construction, transformation ou rénovation, appelés «contrat d’entreprise», la question d’une réévaluation se pose et fait polémique.

L’augmentation du prix des matériaux, «ne devrait pas avoir un impact sur le consommateur!», estime Navid Poushanchi. Néanmoins, «dans certains cas extrêmes, et afin de ne pas entraver l’avancement des travaux, il pourrait être judicieux d’opter pour un accord à l’amiable, car une procédure en justice peut entraîner un retard et un coût conséquent».

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

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