France – Des militants jugés pour leur intrusion dans une centrale
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FranceDes militants jugés pour leur intrusion dans une centrale

Une trentaine de détracteurs du nucléaire s’étaient introduits au Tricastin en février dernier. Ils sont jugés ce mardi, tout comme Greenpeace en tant qu’ONG.

Devant la cour où les militants comparaissent ce 29 juin, des anonymes sont venus les soutenir.

Devant la cour où les militants comparaissent ce 29 juin, des anonymes sont venus les soutenir.

AFP

«On ne devrait pas être là»: 33 militants de Greenpeace comparaissent mardi devant le tribunal de Valence pour une intrusion dans la centrale nucléaire du Tricastin, dans la Drôme, destinée à en réclamer la fermeture au nom de sa «vétusté». À leur arrivée au palais de justice, les 12 femmes et 21 hommes, âgés de 28 à 70 ans et venus des quatre coins de la France, ont été applaudis par une cinquantaine de personnes rassemblées devant le bâtiment.

«Relaxe pour les activistes de Greenpeace», réclamait une pancarte. «On assume cette action menée il y a un an et demi mais on ne devrait pas être là», a déclaré Jean-François Julliard, directeur général de l’ONG de défense de l’environnement, jugeant «scandaleux» que des «lanceurs d’alerte» soient ainsi poursuivis.

Le 21 février 2020 au matin, 33 personnes avaient été interpellées sur le site de la centrale, après que 25 d’entre elles se furent introduites dans l’enceinte de façon illicite, en découpant un grillage et en endommageant une clôture. Huit autres, poursuivies pour complicité, s’étaient présentées à l’entrée principale pour y déployer une banderole. Grimés pour certains en ouvriers d’une société fictive de démontage industriel, les activistes avaient mis en scène un démantèlement de la centrale – jugée «fissurée, périmée, à démonter» – à l’aide d’un petit engin de chantier, de fûts siglés du symbole nucléaire, de marteaux géants et de brouettes.

«On la contrôle du sol au plafond»

L’action de Greenpeace avait été menée à l’occasion des 40 ans de la centrale du Tricastin, mise en service en 1980. Samedi, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Montélimar (Drôme) pour exiger sa fermeture et soutenir les prévenus au procès. Dans une vidéo diffusée la veille sur Twitter, EDF a assuré qu’il était «faux» d’affirmer que la durée de vie d’une centrale était limitée à 40 ans.

«Tous les dix ans, on la contrôle du sol au plafond et surtout, on l’améliore pour atteindre un niveau de sûreté toujours plus haut, proche des nouveaux réacteurs», a affirmé le groupe. Dans le cas du Tricastin, «nous avons déjà réalisé la visite décennale des 40 ans du réacteur n°1 et celle du réacteur n°2 est en cours», a précisé EDF.

Greenpeace est poursuivie comme personne morale pour «incitation». L’ONG avait organisé d’autres intrusions en 2017 dans les centrales de Cattenom (Moselle) et Cruas (Ardèche), certains prévenus du jour ayant déjà été condamnés pour cette dernière.

(L'essentiel/AFP)

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