Brésil – Des milliers d'«indignés» défilent dans Rio

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BrésilDes milliers d'«indignés» défilent dans Rio

La lutte contre la corruption a fait descendre dans les rues de Rio de Janeiro des milliers de manifestants.

Plus de 2000 personnes «indignées» par la corruption se sont donné rendez-vous dans les rues de Rio.

Plus de 2000 personnes «indignées» par la corruption se sont donné rendez-vous dans les rues de Rio.

afp

Plus de 2000 personnes «indignées» par la corruption au sein de la classe politique ont manifesté mardi soir au cœur de Rio de Janeiro au Brésil. Les manifestants avaient répondu à un appel lancé sur les réseaux sociaux après une série de scandales qui ont contraint quatre ministres à la démission.

La police a estimé à «plus de 2000» le nombre de manifestants alors que les organisateurs attendaient 30 000 personnes. «Pourquoi des corrompus notoires peuvent-ils être candidats» à des élections, clamait l'un des organisateurs du haut d'un camion muni de hauts-parleurs sur la place Cinelandia, théâtre traditionnel des grandes manifestations.

Sur les marches du Conseil municipal une centaine de manifestants ont empoigné des balais vert et jaune aux couleurs du pays surmontés d'une immense affiche avec le message «Citoyens dans la rue, le nettoyage, c'est (la présidente) Dilma (Rousseff) qui le fait».

Un coût démesuré

Ce rassemblement «Tous ensemble contre la corruption!», sans étiquette politique, a été convoqué via Internet après une série de scandales qui ont éclaboussé le gouvernement de la présidente Dilma Rousseff au cours des trois derniers mois. Une des fondatrices du mouvement, Cristiane Maza, a déclaré qu'après «avoir vu plusieurs personnes poster des messages contre la corruption (sur Facebook), je les ai copiés et postés sur mon mur. Un ami a fait de même, puis un autre et ça a fait boule de neige».

Quatre ministres ont été contraints à la démission à la suite d'accusations d'enrichissement illégal ou de détournements de fonds publics, et nombre de députés et sénateurs sont régulièrement accusés de corruption. De 2002 à 2008 la corruption a coûté l'équivalent de 23 milliards de dollars au Brésil, selon une étude récente.

«Je suis là parce que cette passivité de la société ouvre la porte à tous les abus des hommes politiques», a déclaré l'ingénieur Claudio Serricchio, 60 ans, qui portait un nez de clown. «Ce nez de clown représente la sensation que nous avons quand nous voyons une députée empocher (un pot-de-vin) de 50 000 reais (environ 20 500 euros) et ne pas être sanctionnée par le Parlement. Si on ne manifeste pas, cette situation ne prendra jamais fin. Les jeunes doivent prendre le relais», a ajouté cet ingénieur.

(L'essentiel Online/AFP)

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