Croatie: Des milliers de manifestants contre l'avortement à Zagreb
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CroatieDes milliers de manifestants contre l'avortement à Zagreb

Plusieurs milliers de personnes ont participé samedi à Zagreb à une marche contre l'avortement, deux jours après une mobilisation pour soutenir une femme qui a mené une rude bataille

Protestors take part in the "March for Life", the Croatia's seventh annual anti-abortion march organized by conservative associations, in Zagreb on May 14, 2022. - Thousands of anti-abortion demonstrators took to the streets on May 14, 2022, in Croatia, a largely Catholic country where human rights activists say reproductive rights are increasingly under threat. (Photo by DENIS LOVROVIC / AFP)

L'Église a une grande influence en Croatie.

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«Les enfants non nés, la minorité la plus menacée en Croatie», et «Les vies non nées comptent aussi», pouvait-on lire notamment sur des pancartes portées par des manifestants lors de cette «Marche pour la vie» annuelle, régulièrement organisée ces dernières années dans ce pays membre de l'Union européenne. Beaucoup de parents accompagnés de leurs enfants portant des ballons ont rejoint la marche.

«Nous soutenons la vie, les valeurs morales, les valeurs données par Dieu», a déclaré à l'AFP une économiste, Maja Ivic, descendue dans la rue avec ses deux enfants. «Toute vie humaine, de la conception à la mort naturelle, doit être protégée», a renchéri le manifestant Sinisa Kubatovic, 52 ans. Pour lui, «l'avortement doit être autorisé uniquement si la grossesse menace gravement la vie de la femme».

Tumeur au cerveau de son foetus

En Croatie, des groupes conservateurs, soutenus par l'Église catholique, pressent le gouvernement de limiter le droit à l'avortement, autorisé jusqu'à la dixième semaine de grossesse. Après cette période, un avortement peut être pratiqué si la santé de la femme ou du foetus est en danger grave, ou en cas de viol ou d'inceste. Près de 90% des quelque 3,9 millions de Croates sont catholiques, et l'Église reste très influente au sein de la société.

Le droit à l'avortement est de plus en plus à l'épreuve car beaucoup de médecins refusent de les pratiquer en invoquant l'objection de conscience. Le cas de Mirela Cavajda, 39 ans, a ébranlé le pays ces derniers jours. Cette mère d'un enfant était au sixième mois de grossesse quand les médecins ont diagnostiqué en avril une tumeur au cerveau de son foetus.

Pression publique

Sa demande d'avortement a été refusée par quatre hôpitaux de Zagreb, mais après la pression publique, une commission médicale a finalement donné mercredi son feu vert pour l'intervention. «La vie est quelque chose de plus précieux, la vie doit être respectée, la vie est la loi», a lancé à la foule Boris Ujevic, gynécologue d'un hôpital de Zagreb.

La Cour constitutionnelle de Croatie a rejeté en 2017 un recours de plusieurs groupes conservateurs réclamant l'interdiction de l'avortement. Elle a alors aussi jugé que la législation de 1978 était obsolète et a demandé sa révision. Mais des groupes des droits de l'Homme craignent que ces changements ne conduisent en fait à plus de restrictions.

(AFP)

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