Famille au Luxembourg – Des pères luttent pour avoir la garde de leurs enfants

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Famille au LuxembourgDes pères luttent pour avoir la garde de leurs enfants

LUXEMBOURG – Sept pères manifestent place d’Armes, mercredi, pour avoir autant de droit que la mère d’obtenir la garde ou la résidence alternée, après un divorce.

Patryk Rybinski (au centre) sera présent à une manifestation ce mercredi, dans les rues de la capitale.

Patryk Rybinski (au centre) sera présent à une manifestation ce mercredi, dans les rues de la capitale.

L'essentiel/NK

«Cela m’a pris presque deux ans pour retrouver mon droit d’élever mes enfants». Patryk Rybinski veut faire entendre sa voix ce mercredi, lors de la manifestation en faveur de l’égalité parentale à Luxembourg-Ville. Ce père de 42 ans a fondé la plateforme FAD (Fathers Against Discrimination) juste après son divorce, qui a débuté en 2017. Une organisation qui a pour but de promouvoir l’égalité des chances pour les deux parents d’élever leurs enfants.

Après étude du dossier, «le tribunal a décidé que j’étais autorisé à voir mes deux garçons tous les deux week-ends», raconte Patryk. Si le tribunal a reconnu que les parents avaient «une bonne relation avec les enfants», il a tranché en faveur de son ex-femme. «Parce qu’elle faisait leur repas et les devoirs avec les enfants, la résidence habituelle des garçons a été établie chez elle», se désole le père et président de la FAD. Un choix jugé courant selon l’avocat à la Cour et membre du barreau de Luxembourg, Me Christian Bock: «Les choix sont toujours pris en faveur du bien-être de l’enfant. Bien souvent, cela tombe sur la mère, car c’est elle qui s’est le plus occupée des enfants durant les premières années et qui est la plus disponible pour eux».

Promouvoir la résidence alternée

À ce moment-là, la résidence alternée n’était pas inscrite dans le code civil. Ce n’est qu’en 2018, avec la réforme, que «ce système y est inscrit. Il est instauré et fixé par les tribunaux lorsqu’il y a accord entre les parents», explique Christian Bock. Passée cette réforme, Patryk a continué de se battre et a obtenu la résidence alternée. «Je suis et j’ai été un bon père. Cela m’a coûté entre 36 000 et 39 000 euros pour récupérer mes droits», confie-t-il. Aujourd’hui, ses deux garçons de 9 et 11 ans vivent chez lui une semaine sur deux. «La résidence alternée fonctionne. Mon ex-femme et moi vivons tous les deux à Strassen, c’est la meilleure solution pour apporter la stabilité aux enfants», se réjouit Patryk.

Malgré tout, lui comme six autres pères restent mobilisés pour obtenir l’égalité parentale après le divorce et demandent à ce que la résidence alternée soit la base de la loi. «Beaucoup de juges continuent de croire que les enfants doivent aller avec leur mère jusqu’à leur 7-8 ans. Pour moi, ce n’est pas un type d’approche», témoigne le père, qui souligne que se battre pour obtenir l’égalité parentale a un coût, que beaucoup de pères ne peuvent se permettre.

(Noémie Koppe/L'essentiel)

Un peu plus de divorces

En 2020, le Luxembourg comptait 1 447 divorces. Une tendance en baisse de 31% par rapport à 2019, où le pays recensait 1 906 divorces.

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