Etats-Unis – Des pistolets «intelligents» pour éviter les drames

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États-UnisDes pistolets «intelligents» pour éviter les drames

Dans un pays où 40% des adultes vivent dans un foyer où se trouvent des armes à feu, l’éventuelle commercialisation de pistolets connectés fait débat.

L’utilisateur doit porter un anneau connecté pour pouvoir tirer.

L’utilisateur doit porter un anneau connecté pour pouvoir tirer.

Des pistolets connectés, qui ne répondent qu’à des personnes identifiées au préalable, pourraient être commercialisés cette année aux États-Unis. L’intérêt d’intégrer des puces électroniques à certaines armes, et la fiabilité de celles-ci, font débat depuis des années. L’objectif serait d’empêcher les enfants, les criminels et les personnes suicidaires d’appuyer sur la gâchette.

Mais rien ne prouve à ce stade que les adeptes de l’autodéfense armée soient prêts à les adopter, ni que ces pistolets dits «intelligents» fonctionnent aussi bien que promis. «Je n’ai pas de boule de cristal pour savoir si ça va être plutôt positif, plutôt négatif ou au final le même échec que pour d’autres pistolets connectés dans le passé», remarque Adam Skaggs, conseiller juridique chez Giffords, une association de régulation des armes à feu.

L’entreprise SmartGunz a eu recours à des puces comme celles qui sont utilisées dans les badges pour les péages électroniques, par exemple. L’utilisateur doit porter un anneau connecté pour pouvoir tirer. Les produits de la société sont déjà testés par des unités de police dans le pays, et le patron Tom Holland espère les commercialiser au public au printemps.

Empreinte digitale

Quelque 40% des adultes américains vivent dans un foyer où se trouvent des armes à feu, estime le cabinet Pew Research Center. La pandémie et les manifestations contre la discrimination raciale ont contribué à une forte augmentation des homicides en 2020, même si les niveaux sont restés inférieurs aux pics des années 1990.

Et les tragédies américaines dans les écoles ou lieux publics font régulièrement les gros titres. Toutefois, plus de la moitié des 40 000 morts causées chaque année par des armes à feu sont des suicides.

Ginger Chandler, cofondatrice du fabricant LodeStar Works, voit dans ces systèmes une barrière physique mais aussi psychologique aux incidents. «Dans un moment de stress, la personne autorisée va se saisir de l’arme mais il y aura cette étape supplémentaire. Peut-être que cela lui donnera le temps de se dire, est-ce que je veux vraiment faire ça?» explique-t-elle.

Partisans de la régulation des armes à feu sceptiques

Sa société compte commercialiser en 2023 un 9 mm qui peut être activé via une application mobile, directement avec un code secret ou encore par reconnaissance biométrique de l’empreinte digitale.

Les entreprises ne pourront sans doute pas compter sur les législateurs pour faire adopter leurs nouveaux engins. Le sujet divise les électeurs au point d’empêcher toute évolution des lois. Surtout, le concept ne fait pas même l’unanimité chez les partisans de la régulation des armes à feu.

Car connectées ou pas, ces armes restent mortelles. Et «peu de propriétaires à risque ou de familles vont acheter ces pistolets plus chers que les autres. Ils vont surtout plaire à ceux qui se souciaient déjà de la sécurité», souligne Daniel Webster, chercheur spécialiste du sujet à l’université Johns Hopkins.

(L'essentiel/AFP)

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