Santé au Luxembourg – Des polémiques autour du dépistage à grande échelle
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Santé au LuxembourgDes polémiques autour du dépistage à grande échelle

LUXEMBOURG – Le dispositif pour dépister les résidents fait l’objet d’une polémique, à cause notamment du choix d’un prestataire unique.

Le dépistage à grande échelle a été lancé en mai 2020.

Le dépistage à grande échelle a été lancé en mai 2020.

Vincent Lescaut

Le dépistage à grande échelle du Covid-19 (ou Large scale testing, LST), en place depuis le 27 mai 2020, suscite des critiques depuis quelques semaines. À tel point que les députés de la commission Contrôle de l’exécution budgétaire formuleront la semaine prochaine une série de questions pour la Cour des comptes, qui doit analyser l’outil.

Le choix du prestataire, les Laboratoires réunis, est discuté. Le concurrent Bionextlab, qui s’estime lésé, a publié lundi une lettre ouverte aux autorités politiques et de santé, pour dénoncer «une sélection arbitraire sans appel d’offre». Contacté, le ministère de la Santé assure avoir «lancé un marché public, remporté par les Laboratoires réunis». Le CSV, principal parti d’opposition, est monté au créneau avec une question parlementaire urgente et le député Michel Wolter «s’est dit prêt à aller plus loin, en fonction de la réponse apportée».

Trop peu de cas détectés

Le coût fait tiquer plus d’un observateur. Les trois phases, jusqu’en septembre, auront coûté 151 millions d’euros, pour un résultat contesté par certains. «Les autorités ont vanté un taux de 42,9% d’infections évitées grâce au LST. Mais ces calculs se basent sur des simulations à partir d’hypothèses, pas sur des constatations», explique un spécialiste en infectiologie. Selon lui, le résultat n’est de toute façon pas impressionnant, car calculé dans une période où le virus circulait peu: «En période de développement pandémique, l’augmentation aurait dû être exponentielle». Le spécialiste constate aussi que «les problèmes ont repris à l’automne, malgré la mise en place du LST».

Le dépistage n’a permis de détecter que 850 cas positifs, dont 283 asymptomatiques, sur 566 320 tests, lors de la première phase. Pour autant, le gouvernement entend le poursuivre, en «l’adaptant à la situation». Désormais, «un accent est mis sur le dépistage des personnes non vaccinées», explique le ministère. Le but reste de «surveiller l’évolution de la pandémie et de pouvoir réagir en conséquence».

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

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