France – Des policiers pris pour cible par des lycéens

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FranceDes policiers pris pour cible par des lycéens

Les forces de l'ordre ont été visées lundi par des tirs de mortier d'artifice devant un lycée de Compiègne, près d'un quartier où ont eu lieu récemment des violences similaires.

Les faits se sont déroulés en deux phases, devant le lycée polyvalent Mireille Grenet (2 000 élèves), a expliqué la procureure de Compiègne, Marie-Céline Lawrysz. Vers 7h30, une patrouille du commissariat de Compiègne (Oise), alertée par des feux de poubelle devant l'établissement, a d'abord essuyé des jets de projectiles et «au moins cinq tirs de mortiers d'artifices». «En danger», les policiers ont dû abandonner le véhicule, qui a été «dégradé», et dans lequel du matériel de police a été dérobé.

Dans un second temps, vers 8h30, «une centaine» de personnes, «encagoulées», d'après la préfecture, ont affronté policiers, gendarmes et pompiers devant l'établissement. L'enquête devra essayer de comprendre l'origine de cette violence. «Un véritable guet-apens. J'ai l'impression que les jeunes ont appelé les forces de l'ordre pour en découdre», confie au Parisien une habitante.

Huit mineurs interpellés

À l'issue de ces heurts, huit mineurs ont été interpellés: certains étaient en possession d'objets manifestement dérobés dans le véhicule de police, d’autres ont jeté des projectiles contre les forces de l'ordre. Lors de ces incidents, un pompier a également été légèrement blessé à l'avant-bras par un tir de mortier, alors qu'il tentait d'éteindre une poubelle en feu, selon la préfecture.

«Une nouvelle agression qui s’ajoute à une liste, hélas, déjà très longue», a dénoncé dans un communiqué, le président du SDIS de l'Oise, Éric de Valroger. «Il est intolérable de s’en prendre à celles et ceux qui, à chaque heure du jour et de la nuit, assurent des missions de secours, avec une rigueur et un professionnalisme sans faille», a-t-il insisté.

«Je ne sais pas quelles sont les revendications» de ces jeunes, a poursuivi Marie-Céline Lawrysz. Mais «je constate un mode opératoire similaire» avec des violences urbaines qui touchent depuis début septembre, le quartier proche du Clos-des-Roses, «avec la même haine des forces de l'ordre».

Celles-ci avaient notamment essuyé des tirs de mortier, mercredi et jeudi. Interrogé, le commissaire Pierrick Boulet, également sans information sur les «revendications», signale lui aussi ce climat de violences dans ce quartier, connu pour être une plaque tournante du trafic de drogue, et dans lequel les contrôles ont été renforcés depuis début septembre.

Le rectorat d'Amiens considère également que ces incidents résultent d'un «climat de violence externe qui impacte l'activité de l'établissement». «Il ne s'agit pas du tout d'éventuelles revendications en lien avec le protocole sanitaire», a-t-il insisté.

À Paris, des lycéens repoussés à coups de matraque

Selon Le Parisien, une seconde enquête se penchera sur le comportement des forces de l'ordre, après la plainte d’un adolescent de quinze ans. Le jeune homme dit qu'il était devant le lycée vers 9h, à 200 mètres des jeunes qui s'acharnaient sur la voiture de police. Il affirme avoir reçu un palet de bombe lacrymogène sur la tête.

Des lycéens ont été repoussés à coup de matraque, mardi, par les forces de l’ordre, alors qu’ils tentaient de bloquer le lycée Colbert, à Paris, avec des poubelles, pour dénoncer le manque de moyens et de mesures fortes pour lutter contre la propagation du Covid-19 dans les établissements scolaires.

(L'essentiel/afp/joc)

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