Marque – Des poussins provoquent la colère de Pékin

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MarqueDes poussins provoquent la colère de Pékin

La marque hongkongaise Chickeeduck ne plaît pas au gouvernement chinois, qui accuse Herbert Chow, son propriétaire, «d’inciter à la violence».

This photo taken on April 9, 2021 shows the owner of clothing brand Chickeeduck, Herbert Chow, showing a cushion his company makes, decorated with chickens and ducklings, in Hong Kong. - Cute cartoon animals have been at the heart of Hong Kong clothing brand Chickeeduck since 1990, displayed on everything from t-shirts and tote bags to baby rompers and pillows, but now Chow is now struggling to get his designs made in China. (Photo by ISAAC LAWRENCE / AFP) / TO GO WITH HongKong-China-politics-business-retail,FOCUS by Su Xinqi

This photo taken on April 9, 2021 shows the owner of clothing brand Chickeeduck, Herbert Chow, showing a cushion his company makes, decorated with chickens and ducklings, in Hong Kong. - Cute cartoon animals have been at the heart of Hong Kong clothing brand Chickeeduck since 1990, displayed on everything from t-shirts and tote bags to baby rompers and pillows, but now Chow is now struggling to get his designs made in China. (Photo by ISAAC LAWRENCE / AFP) / TO GO WITH HongKong-China-politics-business-retail,FOCUS by Su Xinqi

AFP/Isaac Lawrence

Depuis 1990, la marque hongkongaise Chickeeduck produit des coussins, des tee-shirts et tout un tas d’objets avec des caricatures de canards mais, depuis la reprise en main de Pékin sur le territoire, les affaires se sont corsées pour son gérant.

Herbert Chow doit désormais trouver un pays où faire fabriquer ses produits après la récente saisie, en Chine, de 10 000 articles taxés d’«inciter à la violence». «Mon fabricant m’a dit que les douanes considéraient que ces produits prônaient la violence lors des mouvements sociaux», a expliqué à l’AFP Herbert Chow, 57 ans, après avoir décidé de rendre public ses déboires.

«I love HK»

À première vue, ses produits sur lesquels figurent notamment des oiseaux jaunes tenant des parapluies surmontés d’un «I love HK» ou un poulet portant un drapeau n’ont rien de subversif. Mais pour les personnes au fait des événements politiques qui ont secoué Hong Kong en 2019, ces dessins sont un clin d’œil évident au mouvement prodémocratie alors que Pékin a lancé une vaste campagne de répression à l’encontre de toute dissidence.

Herbert Chow ne nie pas vouloir envoyer des messages. Ainsi, les cinq canetons en train de nager représentés sur un sac sont une claire allusion au slogan des manifestants «Cinq demandes, pas une de moins». Il se dit pourtant déconcerté par le fait que de tels dessins puissent être considérés comme illégaux.

Saisie de 9000 produits

«Je ne vois pas ce qu’il y a de mal dans ce message», souligne-t-il. «Je ne vois pas en quoi les autorités chinoises ont intérêt à essayer d’empêcher quelque chose comme ça d’aller à Hong Kong».

Les difficultés que rencontre Herbert Chow témoignent de la manière dont la situation a changé à Hong Kong semi-autonome depuis l’immense mouvement prodémocratie de 2019. Désormais, certains propos et opinions peuvent valoir de graves ennuis à des personnes et des entreprises. Au moment où Herbert Chow rencontrait l’AFP, le service des douanes hongkongais tenait un point presse pour annoncer la saisie de près de 9000 produits de la chaîne de supermarchés Abouthai. Selon les autorités, ces articles, la plupart importés de Thaïlande, ne comportaient pas un étiquetage en chinois tel que requis.

Abouthai a été créé par Mike Lam, un homme d’affaires prodémocratie qui fait partie des dizaines de personnes accusées d’avoir enfreint la loi sur la sécurité nationale imposée l’an passé par Pékin. Après cette saisie, de longues files se sont formées devant les magasins Abouthai, des Hongkongais entendant ainsi manifester leur soutien.

(L'essentiel/afp)

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