Morgue de Lens – «Des quartiers de viande dans des cercueils»

Publié

Morgue de Lens«Des quartiers de viande dans des cercueils»

Près du ministère de la justice à Paris, deux manifestants ont brandi des photos de dépouilles maltraitées pour protester contre les dysfonctionnements de certaines morgues françaises.

Fermé en 2008, l'institut médicolégal de Lens est accusé d'avoir traité les dépouilles «comme des animaux».

Fermé en 2008, l'institut médicolégal de Lens est accusé d'avoir traité les dépouilles «comme des animaux».

AFP

«On nous a rendu des carcasses sanguinolentes, des quartiers de viande dans des cercueils!», criait lundi dans un mégaphone, près du ministère de la Justice, Hervé Louvrié, à la pointe du combat contre les dysfonctionnements dans l'ancienne morgue de Lens (Pas-de-Calais). M. Louvrié et Marie-Christiane Daugimond, présidente de «l'association des victimes des autopsies médico-légales irrespectueuses de la dignité humaine», en guerre elle contre l'institut médico-légal de Garches (Hauts-de-Seine), étaient venus crier leur colère et demander le soutien de la ministre de la Justice, Christiane Taubira.

Les manifestants n'étaient que deux, mais faisaient beaucoup de bruit, et leurs grandes photos en couleur suffisaient à soulever le cœur et l'indignation des passants. Ils disaient représenter dix-huit familles engagées dans une procédure judiciaire contre deux médecins légistes de l'ancien institut médicolégal de Lens, qu'ils accusent d'avoir traité les dépouilles de leurs proches comme des animaux et de leur avoir rendu des corps «non restaurés». «Il y a aussi eu des corps échangés, ou plutôt des morceaux de corps», a affirmé M. Louvrié.

Le 7 juin dernier, le tribunal correctionnel de Béthune (Pas-de-Calais) a coupé court à leur action, estimant qu'il y avait prescription. Ils ont fait appel. «Il ne peut pas y avoir prescription pour des centaines de cadavres!» s'est indigné M. Louvrié, qui dit vouloir rendre à son épouse, qui s'est suicidée en 2008, «la dignité qu'on lui a volée sur un étal de boucher». L'institut médicolégal de Lens, mis en cause pour des pratiques douteuses de restauration des corps, avait été fermé à la fin décembre 2008, après une enquête administrative liée aux actions en justice engagées par M. Louvrié.

(L'essentiel Online/AFP)

Ton opinion