Maladie infantile – Des séquelles pour les enfants atteints du cancer

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Maladie infantileDes séquelles pour les enfants atteints du cancer

Les cancers pédiatriques sont mieux soignés aujourd'hui mais la majorité des survivants ont à l'âge adulte de lourdes séquelles liées aux traitements de leur maladie.

Le taux de survie pour les enfants atteints de cancer a fortement progressé ces dernières années, mais les complications subsistent.

Le taux de survie pour les enfants atteints de cancer a fortement progressé ces dernières années, mais les complications subsistent.

AFP/Jean-philippe Ksiazek

Chaque année en Europe, 35 000 jeunes dont 15 000 enfants de 0 à 15 ans ont un diagnostic de cancer, explique Gilles Vassal, directeur de la recherche clinique en France. Les cancers chez l'enfant sont très différents de ceux de l'adulte: il n'y a pas de cancer du sein, du poumon, de la prostate ou du colon. On en dénombre une soixantaine survenant entre la naissance et 18 ans. «Grâce aux progrès thérapeutiques, ces patients ont une probabilité de survie sans maladie à cinq ans de 80%», se félicite M. Vassal, alors qu'il y a 50 ans, leurs chances de survie étaient inférieures à 30%.

«Les taux de survie ont été formidablement augmentés ces dernières décennies mais à quel prix?», interroge Natalie Hoog-Labouret, responsable de Recherche en pédiatrie à l'INCa (Institut national du cancer). «Tout l'enjeu est d'améliorer la qualité de vie des survivants», poursuit-elle. Car les deux tiers d'entre eux ont à long terme de multiples complications ou des séquelles liées à leur traitement ou à leur maladie: complications cardiaques, neuropsychologiques, thyroïdiennes, problème de croissance, de fertilité mais aussi des problèmes psychologiques et somatiques. La chimiothérapie a des effets redoutables «pas seulement chez les cellules malades», résume M. Vassal.

6 000 enfants morts par an en Europe

Par ailleurs, si des facteurs favorisant le développement de certains cancers chez l'adulte ont été identifiés comme l'alcool, le tabac ou encore des produits chimiques perturbateurs endocriniens, les médecins sont encore incapables de dire pourquoi des enfants développent des cancers. Seule une petite proportion de cancers survient en raison de prédispositions génétiques. Globalement, le nombre de nouveaux cas est stable. Et, l'environnement, pointé du doigt pour certains cancers chez l'adulte, n'est pour l'heure pas incriminé dans les cancers de l'enfant.

Au niveau européen, quelque 6 000 jeunes meurent du cancer chaque année, selon M. Vassal. Et s'il observe le «formidable essor dans les innovations thérapeutiques chez l'adulte», il déplore le «retard de développement de ces innovations pour l'enfant». «Les industriels ont longtemps considéré qu'il n'y avait pas de marché», résume Mme Hoog-Labouret.

(L'essentiel/AFP)

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