Quartier de la Gare – «Des seringues dans la cour de récréation»

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Quartier de la Gare«Des seringues dans la cour de récréation»

LUXEMBOURG - Des junkies, des dealers, des bagarres: les résidents et politiques du quartier de la gare se plaignent que la criminalité est endémique.

«J'habite ici depuis 40 ans, et ça n'a jamais été aussi grave» dénonce, outrée, Laurence Gillen. Cette Luxembourgeoise vit dans le quartier de la gare, à Luxembourg, et estime qu'il tombe de plus en plus aux mains des dealers, des drogués et des criminels. «Les seringues gisent dans la rue, dans la cour d'école, dans les terrains de jeu», se plaint-elle dans une lettre ouverte aux autorités. Il y aurait des dealers tous les cinq mètres, prêts à offrir ses produits, sous le nez d'écoliers et de passants. «Je demande aux politiques du pays de faire officiellement quelque chose à ce sujet», dit-elle.

Le député Franz Fayot (LSAP) a demandé il y a quelques jours, dans une question parlementaire au ministre de la Sécurité Intérieure, une augmentation de la présence policière dans le quartier. Un réseau de trafiquants «vend, toute la journée et le soir (dans ce quartier) de la drogue au vu et au su du public», écrit-il, avant de rappeler les conflits et affrontements que cela engendre avec les résidents. Parallèlement, «la présence policière sous forme de patrouilles régulières et de contrôle des dealers est inexistante», estime le député. La bourgmestre de la capitale, Lydie Polfer (DP) renvoie vers la police. «La police ne dépend pas de la commune de Luxembourg et nous ne pouvons pas intervenir directement» sur les effectifs, a-t-elle expliqué mercredi lors du «City Breakfast». Les policiers auraient arrêté une centaine de trafiquants présumés l'an dernier.

La police consciente des problèmes

Les policiers sont bien conscients de ces problématiques. «Nous faisons tout ce que nous pouvons», a déclaré le porte-parole Frank Stoltz à L'essentiel. Un total de 4 500 infractions liées à la drogue a été réceptionné par la police grand-ducale l'année dernière. «Dont une bonne moitié rien que pour Luxembourg-Ville». C'était 500 de moins qu'en 2014. Les actions s'intensifieront près de la gare en 2016. 40 fonctionnaires vont entrer en service dans le quartier, explique la police, dont quatre spécialistes de la criminalité liée à la drogue. Le 1er février, la police, la ville et le ministère de la Sécurité Intérieure feront le point sur la situation à la gare.

Mais «la solution n'est pas si simple, avoue Frank Stoltz. Si vous montrez une forte présence à un moment donné, le crime déménage ailleurs». Quitte à revenir ensuite. Laurence Gillen a déjà entendu cet argument et ne l'accepte pas. Pour elle, il s'agit d'inaction de la part des autorités.

(Tobias Senzig/L'essentiel)

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