Eruption en Indonésie – Des victimes enterrées vivantes dans leur véhicule

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Éruption en IndonésieDes victimes enterrées vivantes dans leur véhicule

L’activité du volcan Semeru ralentit les opérations de secours, qui tentent de retrouver des survivants après l’éruption de samedi.

Plus d’un millier d’habitants ont dû être évacués.

Plus d’un millier d’habitants ont dû être évacués.

AFP

Le volcan indonésien Semeru a de nouveau projeté des cendres lundi. Ce phénomène ralentit les efforts des secours pour rechercher des survivants après l’éruption spectaculaire de ce week-end.

Le plus haut sommet de l’île de Java a projeté samedi un vaste panache de cendres et provoqué des flots de boue brûlante qui ont envahi des villages situés sur ses flancs. Plus d’un millier d’habitants paniqués ont dû être évacués.

L’éruption a fait au moins 15 morts et des dizaines de blessés. Vingt-sept personnes étaient toujours portées disparues, selon un dernier bilan communiqué lundi par l’agence de gestion des catastrophes.

Sur des photos aériennes, on peut voir des rues entières comblées par des amas de cendres grises et de boue, recouvrant des camions ou des maisons jusqu’au toit. «J’espère toujours retrouver mon fils (…) Chaque fois que j’entends qu’une victime a été retrouvée j’espère que c’est mon fils», dit Maskur Suhri, qui récoltait de la sève de palmier quand le Semeru est entré en éruption. «Il y a une toute petite chance qu’il ait survécu. Peut-être que c’est son destin, mais j’espère toujours le retrouver, ne serait-ce que son corps», poursuit cet habitant du village de Sumberwuluh.

Les opérations de secours ont été ralenties à cause d’une reprise de l’activité volcanique lundi matin, qui a forcé certaines équipes à interrompre leur travail.

«Il y a eu une nouvelle éruption et cela pourrait mettre en danger les équipes d’évacuation», a indiqué un sauveteur, Rizal Purnama. Plus tard, des secouristes en vêtements orange et casque de protection recommençaient à fouiller les cendres et la boue pour tenter de trouver des survivants et des corps, tandis que des fumées continuent à s’échapper des cendres.

Leur tâche devient encore plus ardue à mesure que les débris volcaniques se durcissent. «C’est très difficile (…) avec de simples outils», remarque Rizal Purnama. «Il est très probable que les corps qui ne sont pas retrouvés sont ensevelis sous les flots de boue chaude».

Les autorités ont demandé aux habitants de ne pas s’approcher à moins de cinq kilomètres du cratère, l’air saturé de poussières de cendre dans la zone étant dangereux pour les personnes vulnérables. La cendre de l’éruption s’est répandue sur quatre kilomètres, selon l’agence géologique indonésienne.

Le bureau d’une mine de sable a été enseveli après l’éruption, piégeant 15 personnes à l’intérieur et aux alentours, assure notamment Hasim, un contremaître de 65 ans qui comme de nombreux Indonésiens ne porte qu’un nom. «On n’a aucune nouvelle. Seul un ouvrier a été sauvé, il est à l’hôpital avec des brûlures», a-t-il dit à l’AFP. Certaines victimes ont été enterrées vivantes dans leur véhicule, sans avoir eu le temps de s’échapper, ont indiqué des sauveteurs.

Suwarti Ningsi a été prise au piège pendant cinq heures dans sa maison avec sa fille. «Je ne pouvais plus rien voir, c’était comme la nuit. Tout le monde paniquait», a raconté l’Indonésienne de 42 ans: «Je ne pouvais que prier (…) pour que moi et ma fille soyons sauvées».

La pluie prévue dans la région ces prochains jours pourrait encore compliquer le travail des sauveteurs, car elle risque de former des coulées de cendres et de boue chaude.

(L'essentiel/afp)

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