Sentiment d'insécurité – Des victimes plus traumatisées avec l'âge
Publié

Sentiment d'insécuritéDes victimes plus traumatisées avec l'âge

LUXEMBOURG - Une enquête du Statec publiée jeudi le montre: les personnes ayant subi un délit ont plus de mal à tourner la page, selon leur tranche d'âge et leur niveau de vie.

Les personnes âgées peinent le plus à tourner la page après avoir été victimes d'un délit, selon les conclusions d'une étude du Statec.

Les personnes âgées peinent le plus à tourner la page après avoir été victimes d'un délit, selon les conclusions d'une étude du Statec.

L'essentiel/Jean-Michel Hennebert

L’étude du Statec publiée vendredi rapporte que 31,5% des personnes âgées de 70 ans et plus sont en butte à des «répercussions émotionnelles plutôt fortes» après avoir été victimes d’un délit (violences physiques, sexuelles, cambriolage, vols, etc.). En fait, cette proportion ne cesse de croître avec l’âge, puisque s’ils ne sont que 12,4% des 16-29 ans à être dans le même cas, le chiffre monte à 18% pour les 30-49 ans et à 21,5% pour les 50-69 ans. Le Statec indique avoir interrogé des personnes ayant été victimes au cours des cinq dernières années d’au moins un délit figurant parmi une liste de quatorze.

Si les répercussions émotionnelles des victimes de délits semblent croître avec l’âge, on note également des différences liées au genre et au niveau de vie. De fait, 25,8% des femmes victimes déclarent avoir des «répercussions plutôt fortes» contre 10,9% des hommes. Et seulement 43,4% d’entre elles disent n’avoir «pas de répercussions», contre 60,1% des hommes. Du côté des revenus, les personnes gagnant moins de 2 500 euros par mois sont 29,7% à avoir des «répercussions plutôt fortes», contre 20,8% pour celles gagnant de 2 500 à 4 999 euros, 13% de 5 000 à 7 499 euros et 13,5% au-dessus de 7 500 euros.

Des victimes de plus en plus craintives

Globalement, les personnes ayant subi des violences physiques sont celles ayant le plus de mal à tourner la page (35,2%). Suivent les victimes de violences sexuelles (31,1%), catégorie à l’intérieur de laquelle les personnes ayant subi un viol, une tentative de viol ou de contrainte sexuelle indiquent à 63,6% avoir des «répercussions plutôt fortes». Le dernier enseignement de l’enquête du Statec est que le sentiment d’insécurité est plus vif chez les victimes de délits que chez les autres.

59,7% des personnes ayant eu un traumatisme «plutôt fort» estiment «assez probable» ou «très probable» le fait d’être victime d’un vol avec violence dans les prochains mois. Alors que seulement 27,8% des sondés nourrissent les mêmes craintes parmi les gens n’ayant subi aucun délit. De même, 83,9% des personnes les plus affectées estiment que la criminalité a progressé, contre 70,6% de ceux n’ayant pas été agressés.

(PT/L'essentiel)

Ton opinion