Amende aux Etats-Unis – Deutsche Bank prêt à se lancer dans un bras de fer

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Amende aux États-UnisDeutsche Bank prêt à se lancer dans un bras de fer

Menacée d'une amende de 14 milliards de dollars aux États-Unis, la banque pourrait être tentée d'agiter le spectre d'une déstabilisation du système financier international.

La banque (ici son siège à Francfort) est exposée à hauteur de 46 000 milliards de dollars aux produits dérivés, qui servent à couvrir les risques liés à la spéculation.

La banque (ici son siège à Francfort) est exposée à hauteur de 46 000 milliards de dollars aux produits dérivés, qui servent à couvrir les risques liés à la spéculation.

AFP/Daniel Roland

La Deutsche Bank, accusée d'avoir vendu en toute connaissance de cause, entre 2006 et 2008, des crédits immobiliers toxiques convertis en produits financiers (RMBS), a assuré qu'elle «n'a pas l'intention» de payer ce montant ou une somme avoisinante. Très inhabituelle, cette prise de position publique vise, indique une source proche du dossier, à être le plus transparent possible au moment où la banque montre d'inquiétants signes de faiblesse. Sa capitalisation boursière a fondu de 50% pour tomber sous les 17 milliards de dollars, et une grosse amende risquerait de ramener le niveau de ses fonds propres réglementaires sous le seuil psychologique de 10%.

«Ces faiblesses de Deutsche Bank peuvent finalement se révéler des points forts dans les négociations» avec le département de la Justice (DoJ), fait remarquer l'avocat new-yorkais James Kousouros, familier des négociations avec les régulateurs. L'amende finale dont va écoper Deutsche Bank va, de fait, dépendre de la solidité financière de la banque. Les autorités américaines pourraient ainsi freiner leurs ardeurs par peur de plonger dans une grave crise une banque que le FMI estime être la plus susceptible au monde de causer des dommages, par effet domino, en cas de faillite. Elles ont d'ailleurs déjà par le passé fait preuve de mansuétude à l'égard de Citigroup.

Aux États-Unis, Deutsche Bank exerce des activités de marché, de financement de projets d'entreprises et de gestion de grosses fortunes, de sorte qu'elle a dû créer récemment une holding (DB USA Corporation) pour se conformer à une nouvelle législation qui va la soumettre aux mêmes règles de liquidités et de gestion des risques que les établissements américains. Elle accompagne en outre les grosses entreprises allemandes à l'export. Plus inquiétant, la banque est exposée à hauteur de 46 000 milliards (soit plus de treize fois le PIB de l'Allemagne), dont 20 milliards en net, aux produits dérivés, qui sont des instruments financiers utilisés pour couvrir les risques liés à la spéculation, selon ses comptes 2015. En 2007, l'exposition nette de Lehman Brothers à ces «armes financières de destruction massive», selon l'expression du milliardaire Warren Buffet, était de «seulement» 2,93 milliards de dollars.

(L'essentiel/AFP)

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