Mont-Blanc – Deux alpinistes bloqués depuis plus de 5 jours
Publié

Mont-BlancDeux alpinistes bloqués depuis plus de 5 jours

Le guide de haute montagne Olivier Sourzac, 47 ans, et sa cliente Charlotte Demetz, une alpiniste parisienne expérimentée de 44 ans, sont bloqués depuis mercredi soir.

La mauvaise météo sur le massif du Mont-Blanc empêche les sauveteurs d'intervenir auprès des deux alpinistes bloqués.

La mauvaise météo sur le massif du Mont-Blanc empêche les sauveteurs d'intervenir auprès des deux alpinistes bloqués.

AFP

Les deux alpinistes sont bloqués lundi depuis plus de cinq jours dans le massif du Mont-Blanc, à 4 050 mètres d'altitude, par des températures avoisinant les -10 degrés, alors que les secouristes italiens et français étaient gênés par des conditions météorologiques «himalayennes».

Les contacts téléphoniques avec eux se sont interrompus vendredi après-midi, le téléphone de M. Sourzac n'ayant plus de batterie. Dans les dernières conversations, le guide a indiqué avoir réussi à creuser un trou dans la neige sous une corniche de glace. L'intervention d'un hélicoptère, qui devait décoller lundi vers 6h30 de la gendarmerie de haute montagne de Chamonix, a dû être reportée. «Il n'y a pas eu de créneau. Pour l'instant, c'est bouché par le brouillard et les nuages», a indiqué le commandant Jean-Baptiste Estachy.

Mauvaise météo confirmée pour lundi

Un vol de reconnaissance au-dessus des Grandes Jorasses, où sont coincés les deux alpinistes, a eu lieu vers 7h45, mais n'a rien donné en raison des mauvaises conditions météorologiques. La température avoisinait les -10 degrés à 4 000 mètres lundi matin, selon Météo France, avec des rafales de vent allant jusqu'à 45 km/h. En plein vent, la température ressentie était ainsi de -20 degrés environ. La nuit, les deux alpinistes doivent faire face à des tempêtes de neige et des températures de -25 degrés.

Lundi, le ciel devrait rester nuageux toute la journée à cette altitude avec «quelques trouées temporaires de ciel clair», selon l'institut météorologique, laissant l'espoir d'un possible secours. Une conférence de presse avec les secouristes est prévue lundi à 14h à la mairie de Courmayeur, en Italie.

Opération de sauvetage très périlleuse

Dimanche, à quatre reprises, des hélicoptères italiens et français ont tenté d'aller récupérer les deux alpinistes, mais «des conditions météorologiques himalayennes» avaient bloqué les appareils, selon le secours alpin italien. Une équipe de huit guides partis de Chamonix et dont fait partie le frère de M. Sourzac, Bruno, a cherché à rejoindre à pied les deux alpinistes bloqués. Mais à cause des conditions météorologiques difficiles, ils ont dû quitter le refuge de Boccalatte (2 804 mètres) et redescendre dans la vallée, ont indiqué les sauveteurs italiens dimanche.

Selon les spécialistes, il est impossible d'escalader le massif pour rejoindre le guide et sa cliente en raison d'un danger d'avalanches à la suite de très récentes chutes d'une neige très humide. Côté français, il faut deux jours à des alpinistes très expérimentés pour atteindre le sommet des Grandes Jorasses par sa face nord, «une paroi verticale de 1 200 mètres de dénivelé, constituée de glace et de neige», a précisé le peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Chamonix.

L'essentiel Online
/

(AFP)

Un précédent dramatique

En février 1971, l'alpiniste français René Desmaison était resté coincé 15 jours à 300 mètres du sommet de la pointe Walker (4 208 mètres), dans les Grandes Jorasses, avec son compagnon Serge Gousseault, qui était mort à son côté. Il avait raconté ce drame dans un livre intitulé «342 heures dans les Grandes Jorasses».

Ton opinion