Procès du Carlton – Deux ans de prison requis contre Dodo la Saumure
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Procès du CarltonDeux ans de prison requis contre Dodo la Saumure

Le procureur a requis un an ferme et un an avec sursis contre Dominique Alderweireld. Les autres réquisitions, dont celle contre DSK, interviendront mardi après-midi.

Au début de son réquisitoire, mardi, le procureur de la République, Frédéric Fèvre, évoque des «pratiques» qui sont celles «d'un groupe d'amis», mais pas, estime-t-il d'un «réseau mafieux». «Ce qui m'a frappé, c'est l'absence totale de considération pour les femmes qui sont reléguées au simple (état) d'objet de plaisir», observe encore Frédéric Fèvre, dans un premier bilan des débats. Tout comme le président du tribunal Bernard Lemaire en avait rappelé la nécessité en début du procès, Frédéric Fèvre s'en tient néanmoins à la loi. «Nous travaillons avec le code pénal, mais pas le code moral», souligne-t-il. Le parquet a ensuite commencé à énumérer ses réquisitions avec une sévérité proportionnelle à ce qu'il estime avoir été le rôle de chacun des 14 prévenus.

Le procureur a ainsi requis de la prison ferme à l'égard de Dominique Alderweireld, mieux connu sous le surnom de Dodo la Saumure: deux ans de prison, dont un avec sursis, et 10 000 euros d'amende pour celui qui compte déjà 13 condamnations à son casier, dont deux pour proxénétisme en France. «Le tableau qu'il nous dresse de ses établissements est idyllique, mais du «Déjeuner sur l'herbe» de Manet on passe rapidement à «Guernica» de Picasso», quand Jade explique que les filles y étaient présentées comme «de la viande sur des esses de boucher», assène Frédéric Fèvre. «Le boss c'est lui», dit-il encore, à l'appui de l'idée que Dominique Alderweireld était parfaitement au courant que les prostituées de ses établissements belges allaient en France, voire plus loin encore, à Paris et Washington, à l'occasion des fameuses parties fines qui ont valu à DSK de comparaître.

DSK saura mardi après-midi

Contre la compagne de Dodo, Béatrice Legrain, «coacheuse» des jeunes femmes, il a requis 3 mois de prison avec sursis et 5 000 euros d'amende. L'ami de longue date de Dodo, René Kojfer, ancien chargé des relations publiques de l'hôtel Carlton, celui par lequel toute l'affaire a commencé, s'attire également les foudres du ministère public, qui ne demande cependant pas de peine de prison ferme à son encontre. L'avocat Emmanuel Riglaire semble quant à lui bénéficier des contradictions des témoignages sur sa relation avec Mounia, dont il était à la fois l'amant et le client occasionnel. Mais pour lui avoir fait rencontrer David Roquet, avec lequel elle a eu une relation tarifée, le parquet demande 3 mois de prison avec sursis et 5 000 euros d'amende. Du côté du proxénétisme hôtelier, huit mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende ont été requis contre Henri Franchois, ancien propriétaire de l'hôtel Carlton, et Francis Henrion, pour avoir profité du réseau de prostituées de différentes façons.

Concernant Dominique Strauss-Kahn, le ministère public doit dire mardi après-midi s'il le considère coupable de proxénétisme aggravé ou s'il demande sa relaxe. En théorie, l'ex-patron du FMI risque jusqu'à 10 ans de prison et 1,5 million d'euros d'amende. Mais le procureur de la République et sa substitut Aline Clérot peuvent demander au tribunal de prononcer la relaxe. Ce qui s'inscrirait dans la continuité du non-lieu requis par le parquet de Lille avant le renvoi en correctionnelle de l'ancien favori socialiste à l'élection présidentielle de 2012.

(L'essentiel/AFP)

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