Bande dessinée – Deux histoires imbriquées dans un polar
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Bande dessinéeDeux histoires imbriquées dans un polar

«Impact» est très habilement construit comme un double récit, dans lequel les deux personnages principaux racontent un épisode douloureux.

Deux histoires se mêlent dans un même récit.

Deux histoires se mêlent dans un même récit.

Casterman

Les deux histoires sont à ce point enchevêtrées que le lecteur met parfois quelques secondes à se rendre compte que le narrateur a changé. Dans «Impact», Danny, jeune homme paumé qui a tendance à résoudre ses problèmes par la violence, raconte son histoire mouvementée devant une psychologue, suite à une énième incartade. De son côté, Jean, condamné par la maladie, évoque ses souvenirs avec un ami. Alors que rien ne rapproche le petit délinquant et l’ancien ouvrier, leurs biographies respectives font écho, jusqu’à se croiser dans un fait divers brutal.

«Je voulais exprimer le fait que les actes des uns ont toujours des conséquences, que l’on n’imagine pas forcément, sur de nombreuses personnes», explique le scénariste Gilles Rochier. Les deux personnages sont reliés par un fil qu’ils ne connaissent pas. «Nous avons beau être tous différents, nous réagissons plus ou moins de la même manière face aux émotions», analyse l’auteur, qui défend son personnage de Dany, «pas fou mais pris dans une folie dévastatrice».

Davantage que la lecture, c’est le quotidien qui a inspiré Gilles Rochier: «Tout le monde a des histoires à raconter, même les anecdotes me passionnent». Il a notamment une tendresse «pour les personnes taciturnes et peu bavardes, qui ont souvent des malheurs cachés». Pour son travail, il a envoyé les deux histoires au dessinateur Deloupy, qui les a agencées à sa manière. Le résultat est impressionnant. Les vies de Dany et Jean se croisent et se répondent sans cesse, renforçant le sentiment de tension. Les auteurs réservent même une grosse surprise dans le dénouement du scénario, décidément palpitant et haletant.

• «Impact». Gilles Rochier et Deloupy. Casterman, 18 euros.

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

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