Carnaval au Luxembourg – Deux semaines de congés, un modèle à élargir?
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Carnaval au LuxembourgDeux semaines de congés, un modèle à élargir?

LUXEMBOURG - Passés des trimestres aux semestres, les élèves du secondaire auront deux semaines de «vacances» de carnaval. Une formule à pérenniser et à élargir?

L'idée est de créer une vraie coupure entre deux semestres.

L'idée est de créer une vraie coupure entre deux semestres.

Vincent Lescaut

Si les élèves du fondamental seront en vacances de carnaval du 12 au 20 février, ceux du secondaire auront, cette année, presque deux semaines de pause, à compter du samedi 5.

«Dans le contexte Covid, il a été décidé d'adopter une organisation semestrielle, rappelle le ministère de l'Éducation nationale (MEN) qui précise que «des discussions sont en cours pour savoir si la formule sera pérennisée ou s'il y aura un retour aux trimestres».

L'idée est de créer une vraie coupure entre deux semestres. En pratique, la première semaine ne sera pas une vraie semaine de congés. «Elle donnera lieu aux conseils de classes, à des oraux ou des activités parascolaires» d'ordinaire prévus sur deux fois trois jours avant Noël et à Pâques, insistent du côté des syndicats d'enseignants Raoul Scholtes (FEDUSE/CGFP) et Jules Barthel (SEW/OGBL). Ce dernier rappelle que les deux semaines de carnaval sont déjà en place depuis longtemps dans l'enseignement professionnel.

«Il y avait une opposition complète des enseignants»

En tout cas, il n'est pas, à ce stade, prévu d'allonger aussi les congés au fondamental, confirment Patrick Remakel (SNE/CGFP) et le ministère. Reste que ce rythme différent entre secondaire et fondamental peut poser problème aux parents ayant des enfants aux deux échelons. «S'il est décidé de rester à des semestres dans le secondaire, on peut imaginer qu'il y aura vite des discussions pour le fondamental», lâche Jules Barthel.

Prédécesseur de Claude Meisch au ministère de l'Éducation nationale, Mady Delvaux-Stehres avait déjà envisagé de passer aux semestres, avant d'y renoncer. «Il y avait une opposition complète des enseignants. Aujourd'hui, cela ne semble plus aussi radical», estime Jules Barthel. Le MEN assure, lui, que les discussions sont à ce jour limitées au secondaire. «Si la question devait se poser au fondamental, il faudrait veiller à ce que des critères scolaires priment sur des demandes de parents voulant partir aux sports d'hiver. Il faut voir la réalité de tous les enfants,
tous ne peuvent pas partir», note Patrick Arendt (SEW/OGBL).

Pour Raoul Scholtes, le système semestriel aurait peu de chances de survivre à la période de pandémie. «Nous avons pu mesurer les avantages et désavantages. Les semestres n'apportent pas de plus-value. Les évaluations d'avant Noël reportées après Noël nuisent au repos scolaire. Par ailleurs, le système de semestres, qui devait déboucher sur deux périodes de tests, exige finalement des bilans intermédiaires pour éviter deux "moments de vérité" trop espacés». Le nombre de rencontres avec les parents augmente aussi. Enfin, «le système de trimestres permet davantage à un élève de se rattraper», estime Raoul Scholtes. «La pédagogie est prioritaire. Il ne faudrait pas que la question de l'organisation en trimestres ou en semestres soit tranchée en fonction des vacances», conclut Patrick Arendt.

(L'essentiel/ Nicolas Martin)

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