Viol conjugal – «Dire non à son mari, c’est difficile»

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Viol conjugal«Dire non à son mari, c’est difficile»

LUXEMBOURG - La directrice de «Femmes en détresse» s’est dite «enchantée» de la nouvelle campagne contre le viol conjugal, lancée ce mardi en France.

«Je suis enchantée de cette initiative française», indique Joëlle Schrank, directrice de l’association luxembourgeoise «Femmes en détresse», contactée par L’essentiel Online. Dans les statistiques luxembourgeoises, il n’existe pas de chiffres à proprement parler sur les violences sexuelles conjugales «car les femmes cachent cela sous le terme violences physiques». Ainsi, selon le dernier rapport d’activités de l’association, sur les 302 femmes accueillies en 2009, seulement 7 ont déclaré avoir été victimes de violences sexuelles au sens large (conjoint, ami ou étranger).

C'est presque plus clair quand une femme se fait violer dans un parc par un inconnu, caricature volontairement la directrice de l'association.

Et le poids de la religion y est sans doute pour quelque chose. «Beaucoup considèrent que l’acte sexuel fait partie du mariage et du devoir conjugal, pour le meilleur et pour le pire et ont du mal à considérer qu’une relation sexuelle non consentie avec son mari est un viol», explique Joëlle Schrank. «Les femmes qui viennent trouver refuge à l’association en parlent rarement parce que dire non à son mari, c’est difficile, alors on leur explique qu’elles ont le droit de ne pas avoir envie».

Et d’ajouter que le Luxembourg a peut-être un problème avec sa sexualité. «Les clients des prostituées sont aussi des hommes mariés, peu satisfaits de leur vie sexuelle à la maison, alors on peut s’imaginer que certains peuvent déjà avoir forcé leur conjointe».

(MC/L'essentiel Online)

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