Corruption à Marseille – Douze policiers passent devant les juges
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Corruption à MarseilleDouze policiers passent devant les juges

Douze policiers de Marseille ont été déférés devant la justice ce vendredi. Ils sont soupçonnés d'avoir volé et extorqué de l'argent et de la drogue à des dealers.

Un fourgon de gendarmerie transporte les policiers de la BAC au Palais de justice de Marseille.

Un fourgon de gendarmerie transporte les policiers de la BAC au Palais de justice de Marseille.

AFP

Douze policiers de Marseille ont été déférés devant la justice ce vendredi. Ils sont soupçonnés d'avoir volé et extorqué de l'argent et de la drogue à des dealers. Le procureur n'exclut pas d'autres mises en cause. Treize policiers avaient été placés en garde à vue depuis mardi et 15 ont été entendus librement, soit 28 membres de l'équipe de jour de la Brigade anti-criminalité (BAC), a précisé Jacques Dallest à la presse, évoquant une «affaire lourde, loin d'être terminée».

«Il est envisageable que d'autres personnes soient impliquées pénalement à des titres divers (...) Le sentiment, c'est qu'on a une gangrène qui a touché ce service», a affirmé le procureur. Selon le magistrat, les conversations enregistrées dans les voitures des suspects sont «accablantes» et révèlent «tout un catalogue d'agissements inacceptables». Vol, racket, trafic de drogue, «tout y passe et de façon répétée dans le temps», a-t-il insisté.

Ils risquent 20 ans de réclusion

La présentation des suspects aux juges d'instruction s'appuie aussi sur la découverte d'environ 450 grammes de produits stupéfiants (cannabis et herbe) et de plusieurs sommes d'argent dont la plus importante est de 800 euros, dans les vestiaires et les faux plafonds de la BAC des quartiers nord de la ville. Le parquet va requérir «fermement» le placement en détention provisoire des suspects, a dit M. Dallest. La BAC nord de Marseille compte 70 effectifs au total, avec une équipe de nuit et une équipe de jour. L'information judiciaire avait été ouverte le 22 février pour des faits de vols et d'extorsion commis en bande organisée, passibles de 20 ans de réclusion.

Le coup de filet est survenu sept mois plus tard après le témoignage à la télévision, début septembre, d'un homme se présentant comme un ex-policier de la BAC nord, révoqué en mars pour avoir relâché un dealer et ses produits sans informer sa hiérarchie. De dos et la voix modifiée, cet homme, dont l'arrêté de révocation n'a pas été pris officiellement, a dénoncé des vols d'argent, de drogue ou de scooters, disant avoir subi "des menaces" pour avoir voulu dénoncer ces pratiques.

(L'essentiel Online/AFP)

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