Procès du Carlton – DSK entre en scène pour livrer sa version

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Procès du CarltonDSK entre en scène pour livrer sa version

Le jour est enfin venu pour DSK: poursuivi pour proxénétisme aggravé aux côtés de 13 autres prévenus, il va devoir répondre à la barre du tribunal correctionnel de Lille.

DSK va devoir répondre aux accusations de proxénétisme, ce mardi.

DSK va devoir répondre aux accusations de proxénétisme, ce mardi.

AFP

Trois ans et demi après les premières fuites dans la presse sur son éventuelle implication dans cette affaire, l'ancien directeur du FMI, âgé de 65 ans, va avoir deux jours et demi pour se disculper à la barre. Il encourt 10 ans de prison et 1,5 million d'euros d'amende.

DSK va devoir faire face à la meute, obligé de s'expliquer une fois de plus sur une affaire de mœurs, sous les yeux d'une presse nombreuse et impatiente. Il va notamment être confronté à ses accusatrices, au milieu peut-être d'allusions à ses goûts sexuels. À Jade, en particulier, dont les témoignages depuis le début du procès sur le monde de la prostitution ne manquent pas de glacer l'audience.

Ombre de DSK sur les premières audiences

Le 2 février, à l'ouverture du procès, il avait assuré par avance le président du tribunal de sa bonne volonté. «On en reparlera la semaine prochaine», avait dit Bernard Lemaire, au célèbre prévenu. «Bien sûr», avait alors répondu, affable, Dominique Strauss-Kahn. Entre-temps, le président du tribunal a pris bien soin de compartimenter les débats - aucun sujet ne devait être abordé sans la présence du prévenu concerné.

Durant ces audiences, la question de savoir si DSK était au courant du fait que ses partenaires sexuelles d'un jour étaient des prostituées, n'a ainsi pas été posée. L'ombre de DSK a cependant plané en permanence sur les six premiers jours du procès qui devrait s'achever le 20 février. Au fur et à mesure que le tribunal passait en revue les différents cercles de protagonistes du dossier, il se rapprochait de lui.

«Roi de la fête»

Une des ex-prostituées, Mounia, qui s'est portée partie civile, a affirmé lundi qu'elle avait été dûment prévenue par son recruteur de l'identité du grand homme, alors favori pour la présidentielle de 2012. De l'accusation même, il ressort que DSK n'a probablement jamais payé une prostituée lors de ses sorties dans le nord, avec son cercle d'amis qui comptait un policier, Jean-Christophe Lagarde, deux entrepreneurs, Fabrice Paszkowski et David Roquet, et une spécialiste de l'événementiel, Virginie Dufour.

C'est à ce petit groupe d'amis du Nord que va aussi s'intéresser le tribunal à partir de mardi et jusqu'à jeudi matin. Ce que reproche la justice à cette fine équipe, c'est d'avoir amené des prostituées à des soirées organisées à Lille, Paris ou encore Washington, pour faire plaisir à Dominique Strauss-Kahn, «roi de la fête» qui, au minimum, ne pouvait être dupe du petit manège, selon l'accusation.

(L'essentiel/AFP)

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