Football français – Duchaussoy a pris des coups et repris la main

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Football françaisDuchaussoy a pris des coups et repris la main

Fernand Duchaussoy, réélu samedi à la tête de la Fédération française de football (FFF) au terme de cinq mois chaotiques.

«Je vous mentirais si je vous disais que la violence des attaques personnelles à mon égard ne m'avait pas blessé, mais quand on a une mission à accomplir, on ne perd pas son temps à compter les coups», a-t-il lancé devant l'assemblée générale, qui l'a confirmé dans ses fonctions. Devant la presse, il a aussi pointé les «chausse-trappes» dressées sur son chemin depuis le 23 juillet, début de son intérim après la démission de Jean-Pierre Escalettes.

«J'en connais l'origine mais je ne veux pas revenir dessus», a-t-il ajouté. Vise-t-il Noël Le Graët? Le président de Guingamp (National), après plusieurs semaines d'une campagne officieuse, s'était porté candidat devant le Conseil fédéral vendredi avant de renoncer, sous la pression des autres membres -- et notamment Frédéric Thiriez, président de la Ligue de football professionnel (LFP) - qui craignaient que cela n'entrave la réforme de la gouvernance.

«Esprit carré dans un corps rond»

Les chausses-trappes ? Ce sont les querelles picrocholines qui ont agité la Fédération ces derniers mois. Cette ambiance délétère, associée aux «fantômes de Knysna» - le fiasco des Bleus au Mondial-2010 a généré plusieurs dossiers délicats: suspension des meneurs de la grève de l'entraînement, licenciement de Raymond Domenech, affaire des primes - a fragilisé M. Duchaussoy. «Fernand n'est pas un tueur, c'est un gentil, confiait le président d'un district. Mais attention: il est peut-être tout en rondeurs, mais c'est un esprit carré dans un corps rond».

Bernard Barbet, vice-président de la Ligue de football amateur (LFA), retient pour sa part que M. Duchaussoy a «pris beaucoup de coups et est arrivé à rester droit dans ses bottes». Il a aussi donné de sa personne. «Le fait d'être aussi engagé dans le foot m'a privé de joie et de mes hobbies, je suis devenu ‘footballophile’ à temps plein», assure-t-il. «Il faut être costaud moralement et physiquement, c'est extrêmement éprouvant, développe-t-il. J'ai mis entre parenthèses ce que j'aime, ma vie familiale, j'ai pris des coups, je me réveille la nuit pour penser à certains problèmes. Depuis le 23 juillet, en dehors de quelques déplacements en province, je n'ai pris quasiment aucun plaisir: j'ai fait cela par devoir».

Sera-t-il alors candidat à sa propre succession le 18 juin, lors de la prochaine assemblée élective ? «Je ne sais pas, répond-il. Peut-être qu'au printemps je serai revivifié, et si le 2 avril se passe bien... je n'exclus rien».

(L'essentiel Online/AFP)

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