Bande Dessinée – Dufaux et Pellejero réunis pour une ode au western

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Bande DessinéeDufaux et Pellejero réunis pour une ode au western

De sa passion pour les westerns, Jean Dufaux a fini par faire un scénario auquel Ruben Pellejero amène sa touche. Cela donne «Loup de Pluie».

Ils l'avouent tous les deux. Ils sont passionnés de western depuis leur plus tendre enfance. Enfin réunis par Yves Schlirf, directeur éditorial de Dargaud, deux des monstres sacrés de la BD d'aujourd'hui, Jean Dufaux et Ruben Pellejero unissent leurs talents de scénariste et de dessinateur pour un diptyque «Loup de Pluie», dont le premier album vient de paraître.

Dans l'Amérique des années 1860, les affrontements entre Blancs et Indiens sont violents. Fils d'un magnat des chemins de fer, Bruce Mc Dell protège Loup de Pluie qui a tué, en état de légitime défense, Ingus Limb, un cow-boy mal luné et malfamé. Le clan Cody, qui rêve de se venger des Mc Dell, vient de trouver le prétexte pour se mettre en chasse.

«Ce que j'aime chez Ruben, c'est sa mise en scène, son style, sa façon de respirer, de travailler. Il possède une sensibilité particulière pour la nature, les grands espaces, les Indiens. Sa perception des mouvements lents et rapides s'accorde parfaitement avec la rythmique de "Loup de Pluie"», dit Jean Dufaux.

«Quand il m'a parlé de ce projet, Jean savait déjà ce qu'on allait faire ensemble. Mais il m'a laissé toute la liberté dont j'ai besoin pour me sentir heureux artistiquement et pour imposer ma vision graphique dans ce western», explique Ruben Pellejero.

Western inspiré, «Loup de Pluie», dont le second tome est prévu avant l'été 2013, permet à Dufaux et à Pellejero de revisiter le genre. «Le travail de l'un a inspiré l'autre et vice versa. Cette histoire est forte parce qu'elle est la combinaison de nos richesses, à Jean et à moi». Pour Ruben Pellejero et Jean Dufaux, l'important était d'offrir aux lecteurs des rebondissements, mais aussi et surtout des émotions.

«Au niveau des cadres, je me suis plus intéressé à la place de la lumière qu'à la lumière elle-même. L'important, c'était de créer des ambiances, pas de jouer avec chaque détail. Que le lecteur puisse ensuite s'approprier ces ambiances visuelles pour éprouver des sensations en avançant dans l'histoire avec les situations, les personnages et les décors», raconte Ruben Pellejero à qui il reste une quinzaine de pages du tome 2 à dessiner, avant deux à trois mois de colorisation.

Les couleurs de «Loup de Pluie» sont belles, âpres, particulières. Elles font penser à de vieilles photos jaunies. Elles ne disent pas tout. Comme cette histoire dont Jean Dufaux tisse la trame en orfèvre.

Cette première association Dufaux-Pellejero, autour d'un thème mythique, débouche sur un western original et magistral. Ne reste plus qu'à attendre une poignée de mois pour connaître la suite et la fin de «Loup de Pluie».

(Denis Berche)

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