Aux Philippines – Duterte avoue avoir tué pour «montrer l'exemple»

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Aux PhilippinesDuterte avoue avoir tué pour «montrer l'exemple»

Le président a révélé lundi lors d'un discours qu'il avait éliminé personnellement plusieurs malfaiteurs alors qu'il était maire de Davao, une ville du sud du pays.

Lors de son arrivée au pouvoir, Rodrigo Duterte a promis d'éradiquer le crime en quelques mois.

Lors de son arrivée au pouvoir, Rodrigo Duterte a promis d'éradiquer le crime en quelques mois.

AFP/rey Baniquet

Le président philippin, Rodrigo Duterte, a fait ces commentaires lors d'un discours tard, lundi soir, devant des hommes d'affaires avec lesquels il évoquait sa campagne contre la drogue, qui a fait plus de 5 000 morts depuis son entrée en fonction le 30 juin.

«À Davao, je le faisais personnellement, juste pour montrer aux gars (NDLR: de la police) que si je peux le faire, pourquoi ne pourraient-ils pas le faire», a déclaré Rodrigo Duterte, évoquant la ville qu'il a gouvernée pendant plus de 20 ans. «J'allais dans Davao avec une moto et je patrouillais dans les rues, à la recherche de problèmes. Je cherchais vraiment l'affrontement pour pouvoir tuer», a-t-il ajouté. Rodrigo Duterte est accusé d'avoir orchestré des escadrons de la mort à Davao, où ils auraient tué plus de 1 000 personnes, selon les défenseurs des droits de l'homme.

Légitime défense

Répondant aux critiques de la communauté internationale, il a redit qu'il n'avait pas l'intention de mettre un terme à sa politique, qui ne viole aucune loi, d'après lui, puisque la police agit en légitime défense et que de nombreux décès résultent de règlements de comptes entre bandes criminelles. Les États-Unis, les Nations unies et l'Union européenne ont pris la tête du concert de condamnations internationales de cette campagne pour laquelle il a également encouragé les citoyens ordinaires à tuer ou arrêter des suspects.

L'avocat de 71 ans est arrivé au pouvoir à l'issue d'une campagne sécuritaire outrancière, promettant d'éradiquer le crime en quelques mois. Depuis son entrée en fonctions, Rodrigo Duterte n'a par ailleurs pas lésiné sur les menaces de mort, tout en faisant pleuvoir les insultes sur ceux qui le critiquent. En octobre, il avait soulevé l'indignation en faisant un parallèle entre sa campagne contre le crime et l'extermination de six millions de Juifs par Adolf Hitler. Il s'est ensuite excusé auprès des Juifs, tout en réitérant sa volonté de «massacrer» les toxicomanes.

(L'essentiel/afp)

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