Elections législatives anticipées au Danemark

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Élections législatives anticipées au Danemark

Des élections législatives anticipées auront lieu le 13 novembre au Danemark, a annoncé mercredi le Premier ministre Anders Fogh Rasmussen à la tribune du parlement.

"J'ai informé la reine Margrethe de la tenue d'élections le mardi 13 novembre", a déclaré M. Rasmussen, soulignant que son gouvernement "ne démissionnera pas" pendant la campagne électorale. Il a expliqué avoir décidé de ce scrutin "pour mettre un terme aux nombreuses spéculations" qui circulaient sur d'éventuelles élections, risquant de "détruire le travail important" du parlement dans les mois à venir.

"Il y a des décisions importantes à prendre au cours de cette session parlementaire. Et selon nous, ce serait nuisible au travail et à la stabilité de l'actuelle assemblée parlementaire si elle était marquée par des spéculations", a-t-il ajouté.

Les partis libéral et conservateur se présentent aux élections "avec un appel commun aux électeurs à leur renouveler leur confiance et le mandat du gouvernement", a poursuivi M. Rasmussen.

Les Danois ont connu depuis 2001, année de l'arrivée au pouvoir de la coalition entre libéraux et conservateurs, "une période de progrès et de stabilité avec un niveau record d'emploi et un taux très bas de chômage", a-t-il rappelé.

La présidente du parti social-démocrate, Helle Thorning-Schmidt, à la tête de la principale formation de l'opposition, a de son côté estimé sur la chaîne de télévision TV2 que "le Premier ministre est fatigué et que le peuple danois en a assez de son gouvernement incapable de relever les grands défis comme l'amélioration de l'Etat-providence, les inégalités sociales et les problèmes du réchauffement climatique".

Selon le calendrier normal, les législatives devaient avoir lieu au plus tard en février 2009. Mais depuis l'été, des rumeurs d'élections anticipées circulaient dans les milieux politiques. A la tête d'une coalition minoritaire, M. Rasmussen est actuellement conforté par divers sondages qui lui sont pour la plupart favorables. Il bénéficie du fait que l'économie danoise est l'une des plus solides de l'Union européenne avec un taux de chômage de 3,3%, le plus faible depuis plus de 30 ans.

Mais son gouvernement est dépendant du soutien du Parti du peuple danois (PPD, extrême droite), partisan d'une politique d'immigration et d'asile ultra-restrictive, et qui lui assure une majorité à l'assemblée monocamérale.

Le Premier ministre libéral espère à l'issue du prochain scrutin l'appui d'une nouvelle force politique, Nouvelle alliance, formée de dissidents des partis conservateur et radical, pour se débarasser de la dépendance controversée vis-à-vis de l'extrême droite. Le dirigeant de la Nouvelle alliance, Naser Khader, homme politique très populaire d'origine palestinienne, a déjà indiqué qu'il soutiendrait un gouvernement de centre-droit.

M. Rasmussen avait demandé début octobre à ses ministres de "faire le ménage des dossiers désagréables" en vue d'élections prochaines, a rappelé mercredi le quotidien conservateur.

afp

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