Guerre en Ukraine – «Eliminer Poutine»: Asselborn revient sur ses propos, «une erreur»
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Guerre en Ukraine«Éliminer Poutine»: Asselborn revient sur ses propos, «une erreur»

LUXEMBOURG – Jean Asselborn a indiqué que ses déclarations sur «l'élimination physique» de Vladimir Poutine lui avaient échappé. «Un ministre des Affaires étrangères ne devrait pas utiliser ces mots».

par
Thomas Holzer
Joseph Gaulier
Le ministre Jean Asselborn a fait polémique avec sa déclaration.

Le ministre Jean Asselborn a fait polémique avec sa déclaration.

Un rétropédalage après une polémique. En évoquant sur la radio 100,7 «l'élimination physique» de Vladimir Poutine comme «possiblement la seule solution» pour mettre un terme à la guerre en Ukraine, le ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn s'est laissé dépasser par ses émotions. Lui-même l'a reconnu dans un communiqué transmis à la presse, mercredi en fin d'après-midi, expliquant que les deux mots «lui avaient échappé». «Une erreur», concède-t-il mais également «un exutoire».

«Je sais qu'un ministre des Affaires étrangères ne devrait pas utiliser de tels mots. J'accepte les critiques, mais je ne vais pas faire l'autruche», a ensuite contextualisé le chef de la diplomatie luxembourgeoise. Juste avant son entrevue à la radio, le ministre socialiste venait d'écouter le témoignage du maire de Kharkiv sur «la destruction» de la deuxième ville du pays «par les troupes de Poutine». Un hôpital a été bombardé, des civils innocents meurent et vont mourir, et cela, le très expérimenté ministre ne peut pas l'accepter. «Même après 18 ans à ce poste».

«Des propos sous le coup de l'émotion»

Jean Asselborn, ministre des Affaires étrangères.

Plus tôt à l'AFP, Jean Asselborn avait déjà indiqué avoir «prononcé ces mots sous le coup de l’émotion». «Si le peuple russe voyait ce que Poutine fait en Ukraine, à quel point les Ukrainiens ont peur et combien de vies humaines il (le président russe) pourrait avoir sur la conscience, alors il renverserait le Kremlin», avait déclaré Jean Asselborn mercredi matin.

Et d'ajouter: «C’est peut-être tout ce que l’on pourrait souhaiter, c’est que Poutine soit réellement physiquement éliminé (par un soulèvement, ndlr) pour arrêter tout ça». Une sortie qui avait largement fait réagir la classe politique luxembourgeoise. Le président du CSV Claude Wiseler avait ainsi déploré que le ministre «mette de l'huile sur le feu», tout en «partageant sa colère». «Poutine est un agresseur, mais la formule est inacceptable», avait réagi Nathalie Oberweis (déi Lénk), dans le même ton.

«Il faut l'excuser, il ne dort plus, il a beaucoup de pression»

Simone Beissel, députée DP

Fernand Kartheiser (ADR) s'était lui montré beaucoup plus vindicatif appelant «à la démission du ministre, qui en est à son millième dérapage». «Je suis diplomate de carrière et je n’ai jamais entendu un ministre souhaiter la mort d’un chef d’État étranger. C’est inouï». Le propos est selon lui «d’autant plus scandaleux que le Luxembourg est en paix avec la Russie», la guerre concernant un autre État.

Avant le communiqué du ministre, la majorité avait tenté de calmer le jeu. «Ce sont des propos que nous tenons tous parfois hors micro car nous sommes désespérés en voyant que M. Poutine est devenu fou», a réagi la députée Simone Beissel (DP), membre de la commission Affaires étrangères. «Le propos est un peu sec, mais il faut l’excuser. Il ne dort plus, il doit gérer la situation géopolitique et l’arrivée de réfugiés. Il a beaucoup de pression!». Contactée, l’ambassade de Russie n’a pas répondu aux sollicitations de «L’essentiel».

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