En France: «Elle est passée, elle est passée!»: une baleine coincée a été sauvée

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En France«Elle est passée, elle est passée!»: une baleine coincée a été sauvée

Une baleine à bosse de 7 à 10 m de long a été sauvée, après avoir longtemps erré dans un estuaire en Bretagne. 

La jeune baleine à bosse avait été aperçue jeudi matin dans la Rance, en amont d’une usine marémotrice qui sépare le fleuve breton de la mer. 

La jeune baleine à bosse avait été aperçue jeudi matin dans la Rance, en amont d’une usine marémotrice qui sépare le fleuve breton de la mer. 

AFP

«Elle est passée, elle est passée!», s’écrient joyeusement plusieurs dizaines de curieux: après avoir longtemps erré dans un estuaire du nord-ouest de la France, une baleine à bosse a retrouvé vendredi la mer, après l’arrêt exceptionnel d’une usine marémotrice qui empêchait son retour à la liberté. 

«On l’a vue sortir, c’était magique! Y a pas de mots pour définir ça, je pense qu’on ne verra ça qu’une fois dans notre vie», lance Grégory Perissel, venu voir avec ses enfants le cétacé de sept à dix mètres de long prisonnier du fleuve la Rance, près de la ville de Saint-Malo. «Ce qui m’a impressionné? Sa taille, le bruit que ça fait quand ça éjecte l’eau et l’air de son corps, c’est pas descriptible».

Plusieurs associations de protection de la nature, la gendarmerie maritime et des scientifiques s’étaient mobilisés en faveur de l’animal lors de cet événement jamais vu depuis la mise en service du barrage en 1966.

Bénévoles et professionnels s’affairaient depuis jeudi matin, avec des embarcations, pour tenter de guider l’animal vers la haute mer, en vain jusqu’à vendredi en milieu de journée et l’annonce officielle de son passage vers la mer et la liberté.

Une journée d’allers et retours 

La baleine était vraisemblablement entrée dans le fleuve en profitant de l’ouverture d’une vanne de l’usine marémotrice et peinait à retrouver son chemin vers la haute mer, malgré les efforts des humains.

Elle a passé la journée de jeudi à faire «des allers et retours» entre le barrage et la localité de Plouër-sur-Rance, à une dizaine de kilomètres à l’intérieur des terres, a déclaré Thierry Buanic, président de l’association naturaliste Al Lark qui a coordonné l’opération de sauvetage. Si son état de santé n’inspirait pas d’inquiétude particulière, «la priorité absolue» était de «faire sortir la baleine de l’estuaire», a-t-il souligné.

Vannes ouvertes 

Vendredi, à la faveur de la marée descendante, il a donc été décidé d’ouvrir toutes les vannes de l’usine marémotrice, exceptionnellement mise à l’arrêt, ainsi que son écluse.

«Le principal problème, c’est le différentiel de niveau entre la Rance et la mer. Donc depuis ce matin (vendredi) 9h, on a ouvert en grand toutes les vannes de l’usine marémotrice», six au total mesurant chacune 10 m de large pour 15 m de haut, afin que l’animal puisse repasser par où il est venu, a expliqué Thierry Buanic.

«On a complètement arrêté l’usine depuis jeudi 11h pour permettre à la baleine de repartir vers le large le plus rapidement possible», a précisé Jean-Marie Loaec, le directeur de l’usine marémotrice, qui produit 12% de l’électricité dans la région.

«Inespéré» 

L’opération a été couronnée de succès et l’animal semble avoir rapidement trouvé la sortie après être venu nager à proximité du barrage. «Tout est bien qui finit bien, c’est inespéré!», s’est réjoui Thierry Buanic. Selon lui, il est «très rare» que de grands mammifères comme cette baleine à bosse s’en sortent lorsqu’ils se retrouvent prisonniers d’un fleuve.

Le 10 août, un béluga de 800 kg coincé dans la Seine avait dû être euthanasié, après une semaine d’errance dans ce fleuve. Malgré un transfert par camion d’une écluse vers un port, l’animal était trop affaibli pour espérer sa survie et son retour en mer. 

(AFP)

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