Nouvelle loi sur l'IVG – «Elles pourront se faire avorter sans se justifier»

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Nouvelle loi sur l'IVG«Elles pourront se faire avorter sans se justifier»

LUXEMBOURG - Le planning familial se réjouit de la future loi sur la dépénalisation de l'avortement et aimerait désormais mener le combat de la prévention.

La dernière loi sur l'IVG au Luxembourg remonte à 1978.

La dernière loi sur l'IVG au Luxembourg remonte à 1978.

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Avoir recours à l'avortement après les douze premières semaines de grossesse, ne sera bientôt plus puni d'une peine de prison entre cinq et dix ans, c'est ce qu'a annoncé le gouvernement vendredi dernier. Plus de 30 ans après la loi de 1978 qui établissait une pénalisation, la présidente du planning familial, Danielle Igniti, considère que ce changement est une vraie avancée pour le pays: «C'est vraiment super! D'autant que les femmes pourront se faire avorter avant les douze semaines sans avoir à se justifier, sans avoir mauvaise conscience. En fait, cette loi va permettre de dédramatiser l'IVG».

En effet, l'article de loi qui précisait que seules celles «en situation de détresse» peuvent y avoir recours sera tout simplement supprimé. Si la dépénalisation est le point central de la future législation, d'autres détails semblent tout aussi importants aux yeux du planning familial. «Alors que la loi de 1978 avait interdit aux médecins traitants de prescrire une IVG médicamenteuse, légale en dessous de sept semaines de grossesse, ils vont de nouveau pouvoir le faire tout comme en France et en Belgique», explique Danielle Igniti, qui souligne que beaucoup sont faites par l'intermédiaire du planning familial.

«Seule la pilule est remboursée!»

Elle salue également la suppression de la deuxième consultation obligatoire, mais tient à préciser qu'elle reste établie pour les mineures enceintes. «Cela reste selon moi essentiel, car souvent les jeunes filles sont perdues et ont plus besoin d'être encadrées». La présidente espère également que la dépénalisation de l'IVG diminuera le nombre de femmes le pratiquant à l'étranger, «même si le Luxembourg est un petit pays et que certaines préféreront toujours aller ailleurs pour ne pas faire de bruit», souligne-t-elle.

Mais selon la professionnelle, il y a encore un combat à mener au Luxembourg, celui de la prévention: «Il faut parler davantage des contraceptifs, car le but final est de ne pas devoir en arriver à l'avortement! Ensuite, il faut régler le problème du remboursement. Seule la pilule est remboursée (NDLR: pour les moins de 25 ans), alors que d'autres moyens de contraceptions ne le sont pas. Pour une femme, financer son implant ou un stérilet peut parfois lui revenir très cher». Reste à savoir si cette loi va faire bouger les mentalités. «Je n'en suis pas certaine. Nous verrons bien», conclut Danielle Igniti.

(Nastassia Solovjovas/L'essentiel)

Petites précisions

Selon les derniers chiffres disponibles, le planning familial a réalisé 600 IVG en 2012. Danielle Igniti précise qu'actuellement «une douzaine d'IVG médicamenteuses sont prescrites toutes les semaines». Il y a deux types d'avortements, celui qui peut être directement encadré par le Planning familial, et bientôt par le médecin traitant, appelé l'IVG médicamenteuse (prise de deux comprimés) autorisée à moins de sept semaines de grossesse. Le second, est appelé l'IVG chirurgicale, pratiquée en hôpital, et autorisée jusqu'à douze semaines.

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