Sommet européen – Emotion au dernier sommet de Juncker
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Sommet européenÉmotion au dernier sommet de Juncker

L'émotion était au rendez-vous pour le dernier sommet européen du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

European Commission President Jean-Claude Juncker arrives for a European Union Summit at European Union Headquarters in Brussels on October 18, 2019. (Photo by Olivier Matthys / POOL / AFP)

European Commission President Jean-Claude Juncker arrives for a European Union Summit at European Union Headquarters in Brussels on October 18, 2019. (Photo by Olivier Matthys / POOL / AFP)

AFP/Olivier Matthys

L'émotion était au rendez-vous pour le dernier sommet européen du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, salué par la chancelière allemande Angela Merkel, comme un «vieux de la vieille de l'histoire européenne».

Sauf coup de théâtre, la réunion des chefs d’État et de gouvernement de l'UE à Bruxelles était la dernière à laquelle le Luxembourgeois de 64 ans participait: le prochain sommet européen est prévu pour les 12 et 13 décembre, et la prochaine Commission, présidée par Ursula von der Leyen, devrait prendre ses fonctions le 1er décembre.

148e sommet européen

«Je resterai fier jusqu'à la fin de ma vie d'avoir pu servir l'Europe, merci»: c'est par ces mots que Jean-Claude Juncker a terminé l'introduction de sa conférence de presse, parvenant à peine à finir sa phrase en français, la voie brisée par l'émotion. Mastodonte de la vie politique européenne, ancien Premier ministre luxembourgeois, ancien président de l'Eurogroupe (le cénacle des ministres des Finances des pays ayant adopté la monnaie unique), M. Juncker a participé, jeudi et vendredi, à son 148e sommet européen, selon son propre comptage.

«Vous verrez que j'aurai été le seul à pouvoir dire qu'il a assisté à presque 150 conseils européens», a-t-il lancé aux journalistes, avec une ironie dont il est coutumier. Le mandat de Jean-Claude Juncker, entamé en 2014, devait se terminer le 31 octobre. Les difficultés de celle qui va lui succéder, l'Allemande Ursula von der Leyen, à former une équipe, vont le pousser à assurer l'intérim pendant au moins un mois.

Il a salué sa «complicité» avec Donald Tusk, le président du Conseil, l'organe qui regroupe les chefs d’État et de gouvernement de l'UE. L'ancien Premier ministre polonais, également en poste depuis 2014, va laisser la place au Belge Charles Michel, à la mi-décembre. Il a remercié Jean-Claude Juncker pour «notre amitié, ta loyauté et (ta) solidarité, et pour notre grande coopération».

Interrogés sur l'héritage qu'ils laissaient derrière eux, les deux hommes ont préféré l'humour aux bilans, qu'ils auront certainement l'occasion de faire plus près de l'échéance de leurs mandats respectifs. «Ce serait trop long de montrer tous les succès qui ont été les miens, et si on ajoute les défaites, il y en aurait pour jusqu'à demain matin», a lancé Jean-Claude Juncker.

Applaudissements

«Ce n'est pas le meilleur moment pour parler de notre héritage. Pour lui ce serait trop long, pour moi ce serait trop court», a répliqué Donald Tusk. Les deux hommes ont été applaudis par les journalistes quand ils ont fait leurs adieux.

Plus tôt, les dirigeants des institutions de l'UE ont qualifié de «lourde erreur historique» le blocage de l'ouverture des négociation d'adhésion avec la Macédoine du Nord et l'Albanie par certains États membres lors du sommet européen. «C'est une lourde erreur historique», a déploré Jean-Claude Juncker, lors de la conférence de presse finale.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a pour sa part jugé qu'il s'agit d'«une erreur» car «une écrasante majorité des États membres soutient l'ouverture de ces négociations». La France, les Pays-Bas et le Danemark ont refusé l'ouverture de ces négociations. «Nous reviendrons sur la question avant le sommet pour les Balkans occidentaux, à Zagreb, en mai 2020», a annoncé Donald Tusk.

(L'essentiel/afp)

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