Le pape, Beatrix, Albert II... – En 2013, l'abdication est à la mode!

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Le pape, Beatrix, Albert II...En 2013, l'abdication est à la mode!

En abdiquant en faveur de son fils Philippe, le roi des Belges Albert II a lui aussi préféré partir «au bon moment» plutôt que d'assumer sa fonction jusqu'à la mort. Une attitude très moderne...

À des antipodes de cette attitude résolument moderne qui semble s'être engagée en 2013, certains, parmi lesquels la reine Elizabeth d'Angleterre, n'envisagent pas, de leur vivant, de passer le flambeau à la nouvelle génération. «Pour un certain nombre de fonctions, alors qu'on estimait qu'elles s'éteignaient avec le décès, on rentre désormais dans une logique de modernité: l'abdication est envisageable», souligne le politologue belge Pascal Delwit, interrogé par la télévision belge privée RTL-TVI.

De fait, si l'abdication fait figure de tradition aux Pays-Bas, la mère et la grand-mère de la reine Beatrix ayant abdiqué avant qu'elle-même ne le fasse le 30 avril en faveur de son fils Willem-Alexander, elle est plus qu'exceptionnelle au Vatican, en Belgique et au Qatar. Albert II, âgé de 79 ans, a justifié sa décision par sa santé chancelante alors qu'il apparaissait depuis plusieurs mois de plus en plus fatigué et soucieux de se retirer. Annoncée début février, la renonciation de Benoît XVI, âgé de 86 ans, était un évènement quasiment inédit dans l'histoire du Vatican, le seul précédent connu remontant à plus de sept siècles, quand Célestin V se retira l'année même de son élection, en 1294.

Se retirer au bon moment

En Belgique, le seul précédent remonte à 1951: Leopold III, sur le trône depuis 1934 mais controversé pour certaines de ses actions pendant la Seconde Guerre mondiale, abdique le 16 juillet 1951 en faveur de son fils Baudouin Ier, frère d'Albert II.
Quant au Qatar et l'abdication de l'émir Hamad ben Khalifa Al Thani au profit de son fils, il s'agit tout simplement d'une première : dans l'histoire récente du monde arabe, aucun souverain n'a jamais renoncé au pouvoir de son plein gré.

«Ces 15-20 dernières années, la monarchie a évolué: elle dépend de plus en plus de la popularité du souverain en place», assure Willem Otterspeer, professeur d'histoire de l'université de Leiden (ouest des Pays-Bas). «Dans ce contexte, il est préférable de se retirer au bon moment plutôt que de vouloir tenir jusqu'à la fin et de s'attirer une publicité négative». Cette récente tendance va-t-elle se confirmer par d'autres abdications, notamment en Europe, où la moyenne d'âge des souverains avoisine les 70 ans? Très certainement, estime M. Otterspeer. Pourtant, il ne semble pas y avoir de nombreux autres souverains prêts à céder leur trône, au risque de rester quelques années de trop.

Elizabeth II s'accroche

«L'attitude d'Elizabeth est très clairement d'un autre temps», assure-t-il, en référence à celle qui, âgée de 87 ans, règne depuis plus de 60 ans sur le Royaume-Uni et ne semble pas avoir l'intention de confier les rênes du royaume à son fils, le prince Charles, déjà âgé de 64 ans. L'annonce de l'abdication d'Albert II n'a d'ailleurs entraîné aucune spéculation dans les médias britanniques sur un éventuel départ à la retraite de la souveraine.

Il est généralement admis que la reine, qui délègue pourtant à son fils un nombre de plus en plus important de fonctions, considère les vœux prononcés lors de son couronnement comme étant irrévocables. Si en Espagne, le débat sur une éventuelle abdication a été ouvert à la suite de plusieurs scandales ayant frappé Juan Carlos et sa famille, ce dernier, 75 ans, qui multiplie pourtant depuis trois ans les ennuis de santé, a affirmé publiquement qu'il n'envisageait pas d'abdiquer.

La Scandinavie n'est pas prête

Les analystes estiment d'ailleurs improbable une abdication à court terme, notamment car une telle décision pourrait être perçue comme un abandon au sommet de l’État dans un pays en pleine crise économique, mais ne l'excluent pas à moyen terme. Quant aux monarchies scandinaves, seule la Suède semble prête à voir son roi abdiquer en faveur de sa fille Victoria, 35 ans. Tant au Danemark qu'en Norvège, rien n'annonce une telle chose.

La reine danoise Margrethe II, 73 ans et sur le trône depuis 41 ans, a par exemple déjà assuré qu'elle resterait sur le trône jusqu'à sa mort. «Pourquoi pas Margrethe?», a pourtant interrogé mercredi le blogueur Peter Bruechmann du tabloïd danois BT: «cela vaudrait la peine de dire au couple royal qu'il ont réalisé un travail fantastique pour le Danemark, et maintenant, ils devraient avoir le droit de céder la place».

(L'essentiel Online/AFP)

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