Finances saines – En Allemagne, «l'horloge de la dette» recule enfin

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Finances sainesEn Allemagne, «l'horloge de la dette» recule enfin

Pour la première fois en 22 ans, la dette publique allemande reflue de 78 euros par seconde. Le pays dégage désormais des excédents budgétaires.

A picture taken on January 5, 2018 in Berlin shows so called "debt clock" counter, ticking down at a rate of �78 per second, displayed outside the German federation of taxpayers (BdSt) headquarters in Berlin.
Set up in central Berlin to shame government into reining in spending, the sum recorded on the "debt clock" run by German tax lobbyists is falling for the first time in its 22-year history. With the rate of decline at 78 euros per second, it would take some time -- more than 800 years -- for state and federal governments to pay off all of the massive two trillion euros ($2.4 trillion) they owe. / AFP PHOTO / John MACDOUGALL

A picture taken on January 5, 2018 in Berlin shows so called "debt clock" counter, ticking down at a rate of �78 per second, displayed outside the German federation of taxpayers (BdSt) headquarters in Berlin.
Set up in central Berlin to shame government into reining in spending, the sum recorded on the "debt clock" run by German tax lobbyists is falling for the first time in its 22-year history. With the rate of decline at 78 euros per second, it would take some time -- more than 800 years -- for state and federal governments to pay off all of the massive two trillion euros ($2.4 trillion) they owe. / AFP PHOTO / John MACDOUGALL

AFP/John Macdougall

Les Allemands n'auront plus à hâter le pas en passant au centre de Berlin devant la célèbre «horloge de la dette» nationale. La dette publique allemande, qui atteint actuellement quelque 2 000 milliards d'euros, soit 23 827 euros par personne, reflue en fait déjà depuis 2013. Et pour la première fois en 22 ans, celle-ci recule désormais, au rythme de 78 euros par seconde.

Mais ce désendettement ne sera pris en compte dans les budgets fédéraux et régionaux du pays que cette année, explique la fédération allemande des contribuables (BdST), qui a installé ce compteur digital sur sa devanture en 1995. Cette fédération, spécialisée dans la traque des dépenses publiques inutiles, a donc décidé au 1er janvier de sortir la clé, ou plutôt l'algorithme, permettant d'ajuster la «Schuldenuhr», (l'horloge de la dette en Allemand) pour fêter l'événement tant attendu. «Il y a encore peu, le gouvernement fédéral et les régions portaient la responsabilité de cette politique d'endettement. Heureusement cette politique nuisible aux futures générations s'est arrêtée», s'est réjoui Reiner Holznagel, le président de la fédération des contribuables.

Une dette relativement faible

Depuis 2014, la chancelière allemande Angela Merkel et son ancien grand argentier, l'ex-ministre des Finances Wolfgang Schaüble, ont fait de l'équilibre budgétaire avec absence de déficit, l'alpha et l'omega de leur politique. Mieux, le pays dégage désormais des excédents. Si le prochain gouvernement maintient ce cap de l'orthodoxie libérale, l'actuel ministre des Finances, Peter Altmaier (CDU), a estimé que l'Allemagne pourrait dégager un excédent budgétaire de 30 milliards d'euros sur les quatre années à venir.

Qu'en faire et comment prioriser l'investissement public? C'est l'un des sujets qui sera abordé lors de la reprise dimanche des pourparlers entre le parti conservateur de Mme Merkel et ses possibles futurs alliés sociaux-démocrates en vue de former à nouveau un gouvernement de coalition. Sujet de crispation en Allemagne, ce problème reste relatif par rapport à la situation d'autres pays européens. Avec une dette de 68,1% du PIB, l'Allemagne est proche des critères prévus par le Traité de Maastricht, soit 60% d'endettement.

(L'essentiel/AFP)

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