Santé – Encourager les enfants à manger sain

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LUXEMBOURG - Face à l'obésité, les goûters des enfants se retrouvent en ligne de mire. L'école a-t-elle son mot à dire sur ce sujet?

Le goûter de récréation dépasse la seule dimension nutritionnelle. Il constitue également un moment privilégié de partage.

Le goûter de récréation dépasse la seule dimension nutritionnelle. Il constitue également un moment privilégié de partage.

Faut-il bannir les chips, barres chocolatées et autres sucreries des cours de récréation? La question peut se poser en observant les goûters de certains enfants des écoles fondamentales. De quoi s'interroger sur le rôle de l'établissement scolaire. «Le problème vient du fait qu'un tiers des enfants arrivent à l'école sans avoir pris de petit-déjeuner. Les parents travaillent de plus en plus tôt et leur donnent de l'argent de poche pour un croissant ou des produits emballés très gras», témoigne Adrienne Frank, infirmière scolaire. Face à ce constat, de nombreuses écoles choisissent même de prévoir l'heure de la collation à 9h.

Pour réagir face à cette situation qui risque fort d'aggraver les problèmes de surpoids et d'obésité chez les enfants, les établissements et la médecine scolaire jouent la carte de l'information. «En début d'année, nous tentons de faire passer le message aux parents via plusieurs réunions. Mais l'important, c'est aussi que les enfants prennent eux-mêmes les bonnes décisions en grandissant», ajoute l'infirmière.

Une éventuelle interdiction d'aliments dans l'enceinte de l'école paraît compliquée: «L'alimentation des enfants incombe avant tout aux parents. Dans les écoles fondamentales, nous n'avons pas de cantines. Du coup, il est difficile de poser des règles», explique Robert Brachmond, instituteur attaché au ministère de l'Éducation nationale.

En pratique pourtant, un directeur d'établissement aurait tout à fait le droit de le faire. Mais il ne pourrait se baser sur aucun cadre légal, et une concertation avec les parents s'avérerait alors inévitable: «S'il le fait et que les parents réclament, ce sera à l'inspecteur de jouer le rôle de médiateur. Mais il donnerait à coup sûr raison aux parents d'élèves», dit Robert Brachmond.

(Thomas Holzer)

Distributeurs: les lycées ont le choix

Chaque année, au Luxembourg, un arrêté ministériel est promulgué fixant les aliments que les lycées ont la possibilité de placer dans les différents distributeurs. «Certains décident de ne proposer aucun soda pour privilégier les jus de fruit et l'eau. Mais le choix final leur revient. Nous ne procédons pas par interdiction», explique Monique Ludovicy, chef de service de Restopolis.

Les règles édictées concernent plutôt les standards des produits: «Par exemple, nous veillons à ce que les barres chocolatées soient de taille minimale. C'est beaucoup plus efficace que de les interdire», ajoute-t-elle.

Le Luxembourg compte 8,2% d'enfants obèses

Selon le rapport 2011 du ministère luxembourgeois de la Santé, 8,2% des quelque 37 000 élèves de l'enseignement fondamental examinés par les services de la médecine scolaire sont considérés comme étant obèses ou du moins en surcharge pondérale. Ce taux est de 4,5% chez les enfants du premier cycle (5-6 ans en moyenne) mais grimpe constamment en fonction de l'âge. Ainsi, 11,9% des enfants du cycle 4 (âgés de 12 ans) souffrent de surpoids. Dans chacun des cycles observés, l'obésité est souvent plus marquée chez les filles que chez les garçons.

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