Télécom – Ericsson admet de possibles pots-de-vin à l'EI en Irak

Publié

TélécomEricsson admet de possibles pots-de-vin à l'EI en Irak

Le géant suédois a identifié des faits de corruption dans ses activités en Irak et suspecte que des pots-de-vins versés par des employés aient pu finir à l'Etat islamique.

«Des personnes liées au groupe suédois «ont payé pour du transport routier dans des secteurs contrôlés par des organisations terroristes, y compris l'EI»

«Des personnes liées au groupe suédois «ont payé pour du transport routier dans des secteurs contrôlés par des organisations terroristes, y compris l'EI»

AFP/Ahmad Al-rubaye

Le géant suédois Ericsson a identifié des faits de corruption dans ses activités en Irak et suspecte notamment que des pots-de-vin versés par des employés aient pu finir dans les poches de l'organisation État islamique, a reconnu son PDG mercredi. Ces conclusions, rendues publiques à la suite d'enquêtes journalistiques en cours, apparaissaient dans une enquête interne diligentée en 2019, par le numéro 2 mondial des réseaux télécom, dans le cadre de son contrôle anticorruption, selon Ericsson.

Durant la période où l'organisation jihadiste contrôlait une bonne partie de l'Irak, des personnes liées au groupe «ont payé pour du transport routier dans des secteurs contrôlés par des organisations terroristes, y compris l'EI», a déclaré le PDG Börje Ekholm. «Avec les moyens dont nous disposons, nous n'avons pas été en mesure d'identifier les bénéficiaires finaux de ces paiements», a-t-il reconnu dans un entretien au quotidien suédois Dagens Industri.

«Risque potentiel de blanchiment d'argent»

Ericsson, qui avait déjà révélé la semaine dernière être interrogé par des médias sur des faits de corruption en Irak, voyait son titre plonger mercredi à la Bourse de Stockholm à la suite de ces nouveaux éléments. Vers 9h GMT, le titre chutait de près de 8,7% à 105,68 couronnes, alors que le groupe est déjà dans le viseur de la justice américaine pour des faits de corruption dans d'autres pays.

Des éléments sur le volet irakien ont été transmis à la justice américaine, a précisé M. Ekholm dans son interview. Dans un communiqué publié mardi soir, Ericsson avait admis «des violations graves de ses règles de conformité légale et de l'éthique des affaires du groupe» durant la période 2011-2019 en Irak. Son enquête interne a identifié des «preuves de méfaits en matière de corruption» commis par des employés, des vendeurs et des fournisseurs, a précisé le groupe.

Ces faits incluent «des donations d'argent sans bénéficiaire clair; le paiement d'un fournisseur pour du travail sans documentation ou cadre clair; l'utilisation de fournisseurs pour faire des paiements en cash; le financement injustifié de voyages et de frais» ou encore «le recours inapproprié à des vendeurs et des consultants» et diverse violations des règles internes. Des transactions ont également pu créer «un risque potentiel de blanchiment d'argent», mais «l'enquête n'a pas pu identifier l'implication directe d'un quelconque employé d'Ericsson dans le financement d'organisations terroristes», selon le groupe. Plusieurs employés ont été débarqués du groupe et d'autres mesures disciplinaires ont été prises depuis cette enquête, assure-t-il.

(L'essentiel/afp)

Ton opinion