Bande dessinée – «Et si c'était mon fils qui est parti faire le Jihad?»
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Bande dessinée«Et si c'était mon fils qui est parti faire le Jihad?»

Benoît, le fils de Céline, n'est plus dans sa chambre. Il est parti faire le jihad en Syrie. Sa mère a besoin de comprendre.

«L'appel». Laurent Galandon et Dominique Mermoux. Glénat.

«L'appel». Laurent Galandon et Dominique Mermoux. Glénat.

Pour Cécile, mère célibataire, ce devait être un matin comme les autres. Sauf que la chambre de son fils, Benoît, est vide. Sur son ordinateur, un message vidéo dans lequel il annonce être parti faire le jihad en Syrie auprès de ses «frères» de l’État islamique.

Il est heureux, elle n’a pas à s’inquiéter. Il promet de l’appeler. Cécile est sous le choc. Elle n’a rien vu venir et elle a besoin de comprendre. Comment son fils, qui n’était même pas croyant, a-t-il pu se radicaliser aussi vite? Qui sont les responsables? Et pourquoi ne s’est-elle rendu compte de rien? Interrogeant ses amis, ses connaissances, elle part en quête du moindre indice.

«J'étais attentif au sujet de ces jeunes qui partent embrasser le jihad, mais pas plus. Jusqu'à ce que j'entende l'émouvant témoignage d'une mère à la radio. Et si c'était mon fils, me suis-je alors demandé», dit Laurent Galandon, scénariste de «L'appel».

Au lieu de se focaliser sur celui qui s'est fait prendre dans les mailles du filet, Laurent Galandon a choisi de traiter l'histoire à travers les yeux de sa mère.

Le soir, seule, chez elle, ne reste que le silence de l’attente. Les yeux rivés sur son téléphone, Céline attend l'appel de Benoît. Celui qui lui redonnera peut-être espoir.

«Dans une certaine mesure, les réactions et les décisions de Cécile sont celles que je prendrais peut-être si j'étais confronté à une telle situation: désespérées et, parfois, aussi maladroites qu'égoïstes», explique Laurent Galandon.

Fiction d’un réalisme social saisissant, «L’appel» est à la fois un roman graphique sur la radicalisation des jeunes et un récit sur l’incompréhension. Mais cela reste une fiction.

«Si je suis volontiers lecteur de BD reportage/documentaire, ce n'est pas un genre dans lequel je souhaite m'investir aujourd'hui. Pour un tel sujet, la fiction reste vraiment intéressante. Grâce au phénomène d'identification qu'elle propose, le lecteur n'est plus alors dans la même posture».

Très intéressant moment de lecture, qui fait vraiment réfléchir, «L'appel» peut favoriser débats et discussions. Car on partage les doutes d’une mère face aux choix de son fils et celle d’une société face à un phénomène qui la frappe en son cœur.

(Denis Berche/L'essentiel)

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