Livre polémique – Et si le cholestérol n'était pas dangereux?

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Livre polémiqueEt si le cholestérol n'était pas dangereux?

Dans un livre à paraitre ce jeudi, un pneumologue français juge que les produits anticholestérol sont beaucoup trop prescrits. Car, selon lui, le cholestérol est sans danger.

«Il n'y a aucun exemple, dans toute l'histoire du médicament d'hier et d'aujourd'hui, d'un dérapage scientifique et éthique comparable et d'une cascade de tromperies aussi moralement choquantes», écrit le pneumologue Philippe Even, dans "La Vérité sur le cholestérol" qui sort le 21 février, aux Éditions du Cherche midi. Pour lui, le cholestérol pourrait bien être un ennemi imaginaire contre lequel des millions de personnes se battent pour rien depuis des années. «Le cholestérol, affirme-il dans son ouvrage, est sans danger», et les statines (médicaments anticholestérol) sont prescrites inutilement dans au moins 9 cas sur 10.

Près de cinq millions de Français prennent actuellement des statines, un marché évalué à 2 milliards d'euros pas an, soit un quart du déficit de l'assurance maladie, selon le Pr Even. Au niveau mondial, le marché atteindrait 25 milliards de dollars par an, avec plus de 200 millions de malades traités. Commercialisées depuis une vingtaine d'années, les statines sont prescrites pour faire baisser le taux de cholestérol et prévenir ainsi les risques cardiovasculaires, notamment en cas d'antécédent cardiaque. Mais elles sont également de plus en plus largement prescrites à titre préventif, dès lors que le taux de cholestérol d'un patient dépasse certaines normes.

Le cholestérol, «une invention» des labo?

La Haute autorité de santé (HAS) a réagi au livre du Pr Even en rejetant les accusations d'inefficacité des statines et en demandant aux malades de «ne pas interrompre leur traitement sans en avoir discuté avec leur médecin». «Les statines ont une place dans la prise en charge de certains patients car elles sont associées à une baisse de la mortalité d'environ 10% et du risque de la survenue d'accidents cardiovasculaires», résume la HAS en se fondant sur une analyse critique réalisée en 2010 sur 91 études internationales ayant inclus 170 000 patients.

Le débat sur l'intérêt des statines n'est pas nouveau: le cardiologue Michel de Lorgeril, chercheur au CNRS à Grenoble, clame lui aussi depuis près de 15 ans que le cholestérol «n'est pas une maladie», mais «une invention» des laboratoires pharmaceutiques. Ébranlés par des études qui contestent les bénéfices de statines, notamment sur les patients ne présentant pas d'antécédent cardiaque, 98 chercheurs internationaux indépendants se sont regroupés en 2002 au sein du Thincs (The International Network of Cholesterol Skeptics).

(L'essentiel Online/AFP)

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