Finances: Et si votre conseiller financier était… un «robot?»

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FinancesEt si votre conseiller financier était… un «robot?»

Les robots-conseillers poursuivent leur percée auprès des épargnants en s'adressant essentiellement à des personnes peu habituées à s'occuper de leurs investissements.

Les robots-conseillers ont le vent en poupe.

Les robots-conseillers ont le vent en poupe.

Entre deux notifications envoyées par une des nombreuses applications sur un téléphone portable, un avertissement, émis automatiquement: «Attention, votre investissement s'éloigne de votre cible. Voulez-vous le rééquilibrer?». Après la connexion, quelques clics suffisent pour modifier la répartition de son épargne, entre fonds en euro, plus sûr (composé surtout d'obligations), et fonds en actions, plus risqué: le robot-conseiller (ou «robo-advisor») s'occupe de la réallocation plus précise.

En juin 2021, un rapport commandé par le Parlement européen définissait le robot-conseiller comme «un logiciel exploité par un intermédiaire financier. Il est basé sur un algorithme et fourni aux clients en ligne». Il vise l'automatisation de la gestion financière, ce qui permet de réduire les coûts et de proposer peu de frais.

Plus de 1 600 milliards de dollars gérés

En 2022 dans le monde, plus de 1 600 milliards de dollars sont gérés par ces robots, selon une estimation du portail de statistiques Statista. Une goutte d'eau dans l'univers des marchés financiers, mais cette proportion progresse rapidement: les encours étaient de 300 milliards de dollars en 2017, et pourraient monter à 3 000 milliards d'ici 2026.

Les solutions derrière le terme sont nombreuses. Cela peut être un outil numérique supplémentaire pour accompagner les clients, par exemple pour les banques: en juin, Société Générale a généralisé pour ses clients un «Coach Financier» leur proposant des «conseils en arbitrage» sur leurs investissements, via des notifications, basés sur les positions des analystes de la banque.

«Le conseil humain, c'est très bien mais c'est aussi cher»

Dans sa forme la plus poussée, le plus souvent proposée par des acteurs 100% numérique, le robot-conseiller réalise lui-même les arbitrages et veille de lui-même à l'équilibre entre les actions et le fonds euro, en fonction d'une stratégie définie au préalable mais qu'il est possible de modifier à tout moment. «Le conseil humain, c'est très bien mais c'est aussi cher et pas tout le monde n'y a accès», explique Marie Brière, directrice du département recherche du premier gestionnaire de fonds européens Amundi.

Dans le cadre d'une étude scientifique, qui n'est pas encore publiée, elle a mené avec Milo Bianchi, professeur de finance à la Toulouse School of Economics, une étude sur l'utilisation du robot-conseiller dans le cadre de l'épargne salariale entre 2017 et 2018, en utilisant les données d'Amundi. Ils ont observé «une meilleure performance», de l'ordre de 2,3% par an, des placements réalisés ainsi par rapport aux salariés ne l'utilisant pas.

«Le robot est capable d'induire des changements dans les portefeuilles plus importants sur les petits investisseurs, en termes de revenu et de richesse, c'est-à-dire précisément sur ceux qui sont moins susceptibles de recevoir des conseils traditionnels et de participer au marché boursier», explique l'article. Par exemple, il les oriente davantage vers le marché actions, plus rémunérateurs que les fonds en euro.

(AFP)

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