Politique au Luxembourg – Être députée et enceinte, «ce n'est pas évident»
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Politique au LuxembourgÊtre députée et enceinte, «ce n'est pas évident»

LUXEMBOURG – Une députée évoque le défi de combiner son mandat avec sa grossesse, faute de statut spécifique. Celles qui ont accouché récemment témoignent.

Semiray Ahmedova doit gérer son travail et l'arrivée prochaine de son premier enfant.

Semiray Ahmedova doit gérer son travail et l'arrivée prochaine de son premier enfant.

«Nous voulons davantage de femmes en politique, mais il faut reconnaître que c’est plus dur que pour les hommes», lorsque les élus s’apprêtent à devenir parents, explique Semiray Ahmedova. La députée, qui attend son premier enfant, «travaille à peu près normalement pour l’instant» mais reconnaît que «ce n’est pas évident tous les jours, à cause de la fatigue». Heureusement, les vidéoconférences, en place depuis le début de la pandémie, «facilitent les choses en limitant les déplacements».

L’écologiste rappelle que les députées «ne sont pas censées s’arrêter de travailler», car il n’existe pas de congé maternité ou parental. «Le mandat de député n’est pas considéré comme un métier, donc les règles qui valent dans le monde du travail ne s’appliquent pas», justifie un porte-parole de la Chambre. Les intéressées ne peuvent pas non plus se faire remplacer temporairement. Aucun changement n’est prévu pour le moment, mais l’institution «est en train d’étudier la possibilité d’ouvrir une crèche». Une étude a été menée et elle cherche désormais un endroit adéquat.

Tess Burton et Carole Hartmann sont passées par là

En attendant, «tout est question d’organisation, mais aussi un peu de chance», souligne Tess Burton, mère de deux enfants (quatre ans et 15 mois) nés pendant ses mandats. En 2020, la socialiste a accouché pendant les vacances de la Toussaint et repris le travail juste après. «Un ministre m’a même appelée lorsque j’étais à la maternité, il ne savait pas où je me trouvais!» rit-elle. Elle reconnaît avoir déjà travaillé «avec un bébé sur les genoux» pendant les réunions en vidéo ou en suivant les séances à la télévision.

Carole Hartmann a aussi réussi «à travailler jusqu’au bout» avant son accouchement, en août 2020. L’élue d’Echternach n’a «jamais senti le besoin ou l’envie d’être remplacée» pendant qu’elle attendait sa fille. «C’est un trait de caractère. En plus, mon compagnon est très présent. Mais j’aurais peut-être pensé différemment si la grossesse avait été difficile», reconnaît la libérale. Elle a bénéficié d’un congé parental pendant un an sur son activité d’avocate, de manière à ne pas travailler les vendredis. À la Chambre, elle avait demandé à pouvoir brièvement se retirer dans une salle. «Lors des longues séances, je devais m’isoler pour tirer le lait», se souvient-elle.

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

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