Russel Tovey – «Être gay est un avantage pour ma carrière»

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Russel Tovey«Être gay est un avantage pour ma carrière»

Russell Tovey assume son orientation sexuelle au grand jour. S'estimant chanceux, l'acteur espère faire évoluer les mentalités.

Le Britannique Russell Tovey est à l'affiche du film «L'art du mensonge», actuellement au cinéma.

Le Britannique Russell Tovey est à l'affiche du film «L'art du mensonge», actuellement au cinéma.

Valery Hache

À la télé, Russell Tovey est surtout connu pour la série américaine «Quantico». Mais l'Anglais de 38 ans était aussi dans «Years and Years» pour la BBC en début d'année et vue sur Canal+, et il est à l'affiche du film «L'art du mensonge», actuellement au cinéma.

Vous jouez souvent des personnages gays ou qui ont une sexualité ambiguë à l'écran. Pourquoi?

Jouer un gay est naturel pour moi puisque je suis gay. Et j'ai la chance de n'avoir jamais eu à cacher ma sexualité. Dans le monde des arts, cela n'a jamais été un problème, mais il y a encore beaucoup de travail à faire pour faire accepter cela dans certaines sociétés ou dans des domaines comme le sport. Mon but n'est pas d'être militant des causes LGBTQ, mais plutôt de montrer la banalité d'un couple de mecs à l'écran. Dans «L'art du mensonge», le fait que j'incarne un homo est presque un détail. Au contraire, puisqu'il forme un couple solide avec son compagnon: montrer l'intimité de deux hommes qui s'aiment doit devenir aussi banal que pour deux hétéros. On aura fait un grand pas le jour où l'on arrêtera de se demander pourquoi deux personnes s'aiment quel que soit leur sexe.

N'avez-vous pas l'impression d'être l'homo de service au cinéma?

Être gay est un avantage pour ma carrière. J'ai reçu de sublimes propositions au cinéma comme à la télé ou encore au théâtre en incarnant souvent des personnages gays. Il y a 20 ans, cela aurait probablement brisé la carrière d'un acteur. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes gays qui ont peur de s'assumer?

Le plus dur est le regard des autres. Si l'on a un entourage aimant, tout est plus simple. J'ai eu cette chance. J'ai tourné «The Pass» en 2016, un film sur un jeune footballeur et l'impossibilité de s'afficher en tant que gay si l'on est un grand champion de ce sport. On dit que les insultes homophobes font parties du folklore dans les stades. Mais c'est aussi cela qui incite les sportifs à cacher leur sexualité. Et je ne dis pas que les fans de foot sont à blâmer, ni les joueurs d'ailleurs. C'est aux dirigeants d'inciter au changement.

Vous semblez aussi rechercher les rôles tourmentés...

Les rôles dramatiques sont ceux qui permettent d'explorer davantage de sentiments que les comédies. Mais je suis loin d'être tourmenté dans ma vie privée. Je peux incarner un gars plein de problèmes devant une caméra et sortir dîner avec ma bande de potes en déconnant toute la soirée.

Vous êtes souvent aussi dénudé à l'écran. Faut-il aussi une dose d'exhibitionnisme pour être acteur?

Il faut surtout ne pas avoir peur de s'assumer avec ses qualités et ses défauts. Si j'incarne un mec sportif, il me semble normal d'aller à la gym. Et je n'ai aucune honte à retirer ma chemise pour montrer comme je bosse dur pour conserver mon physique (rires). Plus j'approche de la quarantaine et plus je m'assume, physiquement et mentalement.

Regardez la bande-annonce du film «L'art du mensonge», actuellement au cinéma:

(L'essentiel)

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