Analyse intéressante – «Être intelligent et travailleur ne suffit pas à la réussite»
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Analyse intéressante«Être intelligent et travailleur ne suffit pas à la réussite»

«L'idée qu'on réussit parce qu'on est intelligent et travailleur est pernicieuse et fausse», affirme Minouche Shafik, directrice de la prestigieuse London School of Economics.

La chance joue aussi un rôle important dans la réussite sociale, selon la directrice de la London School of Economics.

La chance joue aussi un rôle important dans la réussite sociale, selon la directrice de la London School of Economics.

Unsplash/Bruce Mars

«L'idée qu'on réussit parce qu'on est intelligent et travailleur est pernicieuse et fausse», affirme dans un entretien au quotidien The Guardian Minouche Shafik, la directrice de la prestigieuse London School of Economics (LSE), temple du capitalisme britannique.

«Cela voudrait dire que tous ceux qui ne réussissent pas sont stupides et fainéants», ajoute cette ex-gouverneure adjointe de la Banque d'Angleterre, qui critique l'individualisme en hausse des sociétés occidentales depuis quatre décennies, et les inégalités croissantes. «La question que nous devons nous poser est: que nous devons-nous les uns aux autres?», le titre du livre qu'elle vient de publier au Royaume-Uni «What we owe each other».

«Les gens qui pensent qu'ils ont réussi à s'élever (NDLR: économiquement et socialement) par leurs propres efforts ne comprennent pas combien la chance a joué et comment la société, directement ou indirectement, les a aussi aidés à progresser», développe la dirigeante née en Égypte et qui détient les nationalités britannique et américaine.

«Le plus gros échec que j'aie vu dans ma carrière»

«Je ne suis pas juste quelqu'un qui veut augmenter les impôts et partager plus. Je veux que tout le monde paie sa part juste d'impôts et investisse plus dans les autres», insiste l'économiste, diplômée elle-même de la LSE mais aussi de l'Université d'Oxford et qui est devenue à 36 ans la plus jeune vice-présidente de la Banque mondiale, avant d'être directrice adjointe du Fonds monétaire international, entre autres.

Une étude de l'ONG qui lutte contre la pauvreté Oxfam publiée il y a une semaine, constatait que la fortune des dix hommes les plus riches du monde a doublé depuis le début de la pandémie tandis que les revenus de 99% de l'humanité ont fondu. À propos du Covid-19, Mme Shafik critique notamment la gestion mondiale des vaccins et une distribution bien trop restreinte aux pays en développement: «La réponse au Covid est probablement le plus gros échec du système international que j'aie vu dans ma carrière».

«C'est un cas d'école de crise qui aurait dû être gérée mondialement. Le fait que nous ayons encore tout le temps des nouveaux variants en témoigne», conclut-elle.

(L'essentiel/afp)

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