Au Luxembourg: Face au harcèlement moral, «le télétravail pour éviter les collègues toxiques»

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Au LuxembourgFace au harcèlement moral, «le télétravail pour éviter les collègues toxiques»

LUXEMBOURG – Le nombre de plaintes pour harcèlement au travail ne faiblit pas, selon les derniers chiffres 2022. Comment faire face au quotidien pour les victimes au bureau?

par
Nicolas Chauty

«Aujourd'hui j'ai un boulot en CDI, mais je vais travailler la boule au ventre». Sonia*, lectrice de L'essentiel, réagit à notre article qui s'intéressait au nombre de plaintes pour harcèlement au travail au Luxembourg. Un chiffre qui ne faiblit pas selon les données de l'Inspection du travail et des mines (ITM), dans le privé comme dans la Fonction publique. «Ma femme a été moralement harcelée pendant des mois», explique Marc*, qui dit avoir pu compter «sur des témoignages de collègues» pour mettre un terme à cette situation.

«Il faudrait clairement définir ce que c'est d'être harcelé moralement pour qu'il n'y ait pas d'abus. Trop souvent dans mon entourage, beaucoup se sentent harcelés au boulot parce qu'on leur en demande toujours plus», ajoute Marc. Cela dépasse la charge de travail. L'institut Eurostat indique que 46 000 employés ont subi, en 2021, une forme de discrimination basée sur l'origine étrangère, le sexe ou encore l'âge.

«Le harceleur sait très bien à quel moment il peut le faire»

En 2022, le sujet reste malheureusement «tabou» selon de très nombreux lecteurs, concernés de près ou de loin. «Le harceleur sait très bien à quel moment il peut le faire, à l'abri des regards et écoutes de témoins susceptibles de le dénoncer», glisse l'un d'eux alors qu'un autre estime qu'il est faux de pointer essentiellement du doigt les employeurs: «Les collègues, plus que les responsables hiérarchiques, sont identifiés comme mobbeurs».

Mais pourquoi donc les victimes tardent à dénoncer ces actes parfois quotidiens? «Pourquoi ils n'alertent pas? Ils n'ont qu'à se défendre au lieu de subir», s'emporte Diane*. «J'ai subi du harcèlement moral au travail, mais jamais dans la banque on ne l'aurait reconnu. Hors de question de porter plainte, parce que fini le travail au Luxembourg. Alors les chiffres sont loin de la réalité», répond Sylvie*. La peur des conséquences en cas de dénonciation prend encore le pas sur l'envie de s'en sortir, même si une procédure claire et nette, qui permet à chaque salarié de faire une déclaration auprès de l'ITM, a été introduite au Grand-Duché.

«Donner droit au chômage pour l’employé démissionnaire»

José*, lui, dit s'en être sorti en gardant «la tête sur les épaules» et en «s'éloignant des collègues toxiques». Un autre lecteur estime que c'est l'une des explications du succès du télétravail, aujourd'hui encore: «Le gouvernement devrait promouvoir plus le télétravail, partout où il est possible. Ainsi, tu évites de voir des personnes toxiques dans ton environnement de travail. C'est une idée».

Autre idée avancée par Clara, «donner droit au chômage pour l’employé démissionnaire». Selon elle, ce serait «une porte pour sortir de cette détresse psychologique, qui nous empêche de retrouver tout de suite un autre emploi. Car non, on ne peut pas quitter son job comme ça rapidement, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent».

Certains lecteurs qui disent avoir été victimes de harcèlement au travail évoquent «l'anxiété», la «dépression», «des troubles psychosomatiques», voire «des conséquences sociales et financières». Pour tout cela, il est utile de briser «la loi du silence», conclut François*.

*Les prénoms ont été modifiés

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