Au Luxembourg: Face aux bronchiolites, le manque de personnel n'aide pas

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Au LuxembourgFace aux bronchiolites, le manque de personnel n'aide pas

LUXEMBOURG – Face à la vague de bronchiolites, les pédiatres ont tiré le signal d'alarme. D'autant que le personnel manque.

«La situation a été stable ce week-end. Moins de gens se sont présentés aux urgences, en particulier avec des enfants dont l’état n'imposait pas d’aller à l’hôpital», assurait hier le Dr Serge Allard, président de la Société luxembourgeoise de pédiatrie. Son appel à «désengorger les urgences pédiatriques», lancé vendredi avec le Dr Isabel de la Fuente, pédiatre à la Kannerklinik, a porté ses premiers fruits.

Des interventions ont été déprogrammées, il a fallu ouvrir huit lits dans l’hôpital de jour du CHL, transférer des enfants vers l'étranger... La Kannerklinik, qui a en temps normal 38 lits et cinq en soins intensifs, compte actuellement près de 60 petits patients dont 37 cas de bronchiolite et huit en soins intensifs.

«Pour leur système immunitaire tout est nouveau»

Le Dr Allard avait décrit vendredi une situation «alarmante» et des services de pédiatrie «submergés». «Samedi matin, toutes maladies confondues, j’ai vu 40 patients», confie-t-il. Le médecin souligne que la situation tendue est accentuée par un manque de personnel, notamment infirmier, et rappelle les consignes de prévention: «Gardez les enfants malades à la maison, respectez les gestes barrières, portez un masque, évitez les réunions de famille, les visites et d’embrasser vos enfants malades…». Des consignes qui devraient être relayées ce lundi dans une communication du ministère de la Santé.

Le pédiatre veille à rassurer au maximum les parents inquiets «en réalisant des contrôles». Mais il souligne qu’une telle vague de bronchiolite n’est pas inédite. «C’est quelque chose que l’on connaît bien, même si on est surpris par son envergure. Plus il y a d’enfants atteints, plus il y en a qui ont besoin d’oxygène, une part estimée entre 2 et 3%. Normalement, donner de l’oxygène suffit», précise le spécialiste.

Faut-il voir dans cette vague la conséquence des multiples précautions sanitaires prises lors de la pandémie? «C’est l’idée de la "dette immunitaire" mais elle n’est scientifiquement absolument pas prouvée. Et ici on parle des tout-petits. Pour leur système immunitaire tout est nouveau. Par ailleurs, il y a bien eu des bronchiolites l’an passé, mais c’était en plein été».

(Yannis Bouaraba et Nicolas Martin)

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