Publicité – Facebook, le nouvel eldorado des spammeurs

Publié

PublicitéFacebook, le nouvel eldorado des spammeurs

La diffusion de liens piégés sur des pages du réseau social est à la mode avec au total un revenu estimé à plus 160 millions d'euros par an.

Facebook a refusé de commenter la recherche, rappelant que la lutte contre le spam était une priorité.

Facebook a refusé de commenter la recherche, rappelant que la lutte contre le spam était une priorité.

Getty images

Au début juillet, des chercheurs indépendants italiens ont trouvé, en à peine deux journées, 37 000 spams parmi les 700 000 publications qu'ils avaient passées en revue sur des pages Facebook. Ils avaient au préalable ciblé leur recherche avec les termes contenant des mots-clé comme «cliquez ici», «gratuit», «waouw» ou «rejoignez» suivis par des liens avec des raccourcis d'adresse.

«Nous avons constaté que chaque jour il y a au moins 20 000 messages de spam sauvage pointant vers des sites d'e-commerce, de fausses nouvelles, d'affiliations, de porno et souvent d'escroqueries», explique au site Mashable Andrea Stroppa, directeur de l'étude.

Spam non reconnu

En fouillant dans les forums, les scientifiques ont pu établir que des spams sur une page Facebook, avec moins de 30 000 «J'aime», pouvait valoir jusqu'à 20 dollars, alors que la moyenne tournait autour de 13 dollars. Pour des pages avec plus de 100 000 «J'aime», les posts pollués pouvaient être monnayés à 100 dollars, voire même à 200 dollars pour une page dépassant le million de fans.

«Le spam sur les médias sociaux n'est pas encore considéré au même niveau que le spam traditionnel, explique Roel Schouwenberg, chercheur en sécurité chez Kaspersky Labs. Le problème va continuer de croître en attendant une plus forte répression contre les entreprises qui offrent ce type de service de pourriel». L'équipe de chercheurs a intégré dans son étude une déclaration d'un spammeur qui expliquait comment il profitait de Facebook pour répandre le spam sans jamais se faire prendre.

Passivité de Facebook

«Facebook ne peut pas nous bannir car nous produisons le contenu directement sur Facebook, a expliqué la source anonyme. Tous les jours, je matérialise du contenu amusant et intéressant qui est ensuite partagé et apprécié par des milliers d'utilisateurs». Selon Andrea Stroppa, Facebook n'en fait pas assez pour lutter contre ce problème. «Facebook n'a pas que deux serveurs comme nous, mais une centaine pour surveiller ça en temps réel et pourrait combattre cela s'il le voulait vraiment».

Facebook a refusé de commenter la recherche, rappelant que la lutte contre le spam était une priorité et que plusieurs procédures étaient en place pour identifier et mettre fin à de tels actes. Pour rappel, Facebook interdit dans ses conditions d'utilisation aux administrateurs de pages Facebook de publier des publicités sans son consentement. Le spam est lui un problème croissant sur Facebook, relèvent les experts. En 2012, Facebook affirmait que seul 4% de son contenu partagé sur son réseau était pollué, alors que plus de 70% des emails sont du spam.

(L'essentiel Online/laf)

Ton opinion