Polémique – Faire un plein bio impacte l'environnement
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PolémiqueFaire un plein bio impacte l'environnement

LUXEMBOURG - Aller à la station-service ici a des conséquences à l'autre bout du monde. Les différents acteurs se renvoient la responsabilité.

Depuis 2007, les carburants vendus au Luxembourg doivent contenir 2% d'agro carburants.

Depuis 2007, les carburants vendus au Luxembourg doivent contenir 2% d'agro carburants.

DPA

Faire le plein au Luxembourg cause la déforestation à l'autre bout de la planète. Voici en substance le message délivré lundi par Greenpeace, suite à la publication d'une étude démontrant la présence de taux plus élevés d'agro carburants dans les stations-service luxembourgeoises que ne le prévoit la loi. En clair, l'association écologique accuse le Luxembourg de participer activement à «la destruction dramatique des forêts tropicales» au travers de l'utilisation de carburants qui contiennent de l'huile de soja et de colza, l'une des principales sources de la déforestation en zone tropicale.

Du côté du ministère de l'Économie, en charge du dossier, cette question ne relève pas d'une décision politique nationale. «La Commission européenne oblige l'ensemble des États membres à développer sa part des énergies renouvelables dans sa consommation d'énergie, indique Etienne Schneider, directeur de la direction de l'énergie au sein du ministère de l'Économie, contacté lundi par L'essentiel Online. Depuis 2007, la loi luxembourgeoise impose un mélange de 2% d'agro carburant dans les stations-services, mais ces 2% correspondent à une moyenne sur l'année. Il se peut donc que certains échantillons contiennent un peu plus ou un peu moins d'agro carburants. D'ailleurs, ce genre de contrôle ne relève pas du Luxembourg, mais de la Commission européenne, à l'origine de cette directive.»

11% d'énergies renouvelables d'ici 2020

Même son de cloche du côté des représentants de l'industrie pétrolière luxembourgeoise. «Nous n'avons jamais été en faveur de cette politique de biocarburants, souligne René Winkrin, membre du Groupement pétrolier luxembourgeois, contacté lundi par L'essentiel Online. D'ailleurs, ce n'est pas non plus l'industrie pétrolière qui cultive les plants nécessaires à la production des agro carburants. Pour de ce qui est des échantillons supérieurs aux 2% exigés par la loi, cela s'explique par le fait que nous nous approvisionnons à l'étranger où les normes ne sont pas les mêmes. D'ailleurs, pour être qualifié de biodiesel dans l'Union européenne, le diesel peut contenir jusqu'à 7% de biocarburant.»

Le débat est donc loin d'être fini puisque la Commission impose aux États membres d'augmenter leur consommation d'énergies renouvelables à 11% d'ici à 2020.

Jmh et sb/L'essentiel Online

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