Travail et coronavirus – Faut-il imposer ou pas le CovidCheck en entreprise?
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Travail et coronavirusFaut-il imposer ou pas le CovidCheck en entreprise?

LUXEMBOURG - Patronat et syndicats sont d'accord sur une chose: la mise en place du CovidCheck dans les entreprises doit se faire «au cas par cas» après négociations.

Des questions restent en suspens.

Des questions restent en suspens.

Editpress

Le CovidCheck, certaines entreprises l'ont déjà adopté. Ne serait-ce que pour des réunions. Mais alors que le Premier ministre Xavier Bettel doit annoncer ce vendredi les nouvelles mesures en vigueur à partir du 18 octobre, la question devrait bientôt se poser partout. Ou presque.

Car plutôt que l'obligation vaccinale, le gouvernement privilégie cet outil pour accélérer la sortie du «mode pandémie». Reste des questions. Dans quelles entreprises? Qui paiera le test? Qui fera le contrôle? Sera-t-il décompté du temps du travail? Quelles sanctions si un salarié refuse? Quid des données personnelles? L'Union des entreprises luxembourgeoises (UEL) et les syndicats de salariés s'entendent plutôt sur un point: un système «au cas par cas», variable selon les entreprises, voire les services, et surtout négocié entre employeur et délégation du personnel.

«À la charge du salarié»

Mais l'unanimité s'arrête là. En pratique, ça coince. «Dans la construction par exemple, comment feront toutes les équipes de deux qui partent vers leur chantier?», pointe Jean-Luc De Matteis, de l'OGBL, qui regrette que les syndicats ne soient pas davantage consultés pour décider de mesures qui les concernent en premier lieu.

Directeur de l'UEL, Jean Paul Olinger voit d'abord dans le Covid Check «une opportunité d’un retour à la normale pour les vaccinés». Pour lui, le dépistage d'un non-vacciné ou guéri doit être, comme le trajet, considéré comme hors «du temps de travail», et le test doit être «à la charge du salarié». L’employeur ayant l’obligation d’assurer la santé et la sécurité au travail, il estime que comme dans le cas du port du casque ou d’une tenue de sécurité, en cas de non-respect, on s'expose à avertissement et sanction».

«Tout le monde veut travailler»

Le directeur de l’UEL précise que si des précisions peuvent être apportées (données personnelles…) le cadre légal actuel pourrait suffire à pratiquer le CovidCheck en entreprise.

Du côté du LCGB, on insiste sur la nécessité d’introduire des mesures en concertation avec la délégation, confie Patrick Dury. Mais pour le président du LCGB, le temps du CovidCheck doit être décompté du temps de travail. «On ne peut pas dire à un salarié: "Venez plus tôt!". Il faut que ce soit organisé de manière convenable». Il appelle aussi à une solution qui respecte les vaccinés et les non-vaccinés, mais ne s’attend pas à ce que certains refusent. Il exclut toute sanction. «Tout le monde veut travailler», insiste-t-il, appelant enfin à considérer ceux qui ne peuvent pas être vaccinés pour raisons médicales.

(nm/L'essentiel)

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