Débat au Luxembourg – Faut-il taxer les gagnants de la crise économique?
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Débat au LuxembourgFaut-il taxer les gagnants de la crise économique?

LUXEMBOURG – Dan Kersch, ministre du Travail, propose une taxation des entreprises qui ont bénéficié de la crise du Covid-19. De quoi susciter un vrai débat.

L'idée lancée par le vice-Premier ministre Dan Kersch a fait réagir.

L'idée lancée par le vice-Premier ministre Dan Kersch a fait réagir.

Vincent Lescaut

Lors du congrès du LSAP dimanche, Dan Kersch, ministre du Travail, a lancé le débat sur le financement des mesures de soutien à l’économie. «Ce sont les jeunes générations qui risquent de payer au final», craint le ministre. Pour éviter cela, il prône «une taxation exceptionnelle sur les entreprises qui ont profité de la crise. C’est dans la logique des socialistes de taxer ceux qui ont le plus, au profit de ceux qui ont besoin», a-t-il expliqué lundi à L’essentiel.

Le ministre pense à «l’industrie qui produit des masques et les tests, avec les intermédiaires, ou encore les supermarchés». Il a aussi évoqué «les personnes qui ont continué à encaisser les loyers, versés par l’État, avec donc moins d’impayés». Le sujet est luxembourgeois, mais également «à discuter au niveau international». D’après Kersch, le gouvernement peut agir à son niveau, «puisque beaucoup d’entreprises concernées sont installées dans le pays».

Réticences au niveau économique et politique

L’idée ne fait pas l’unanimité dans le monde de l’entreprise. «Le sujet le plus important est d’accélérer la relance», selon Jean-Paul Olinger, directeur de l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL). Il prône «l’augmentation des investissements privés dans la digitalisation la transition énergétique et les compétences». Au lieu de taxer, «pourquoi ne pas donner des mesures d’incitation fiscale aux ménages et entreprises, par exemple un avantage fiscal au salarié qui investit dans la formation continue? Cela permettrait d’agrandir le gâteau commun et de revenir au niveau de consommation d’avant-crise». Il se demande aussi: «qui sont les gagnants de la crise? Un ménage qui a cumulé de l’épargne est-il considéré comme un gagnant?»

Au niveau politique, le DP, partenaire de coalition du LSAP, tique. «Ce n’est pas le moment de relever les impôts, il faut sauver les emplois. Nous n’allons pas nous engager maintenant dans ce débat», tranche André Bauler, président de la commission Finances. Gilles Baum, président de la fraction DP à la Chambre, rappelle que «si des entreprises ont augmenté leurs bénéfices, elles vont payer plus d’impôts». Il estime que «le LSAP s’est déjà lancé dans la précampagne électorale de 2023, ce qui est particulièrement tôt».

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

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